Présentation des ALPAGAS de KerLA
Cette page vous présente brièvement la petite histoire des alpagas de KerLA.
Si vous préférez découvrir directement mes alpagas, cliquez sur les titres ci-dessous pour suivre les liens :
La petite histoire...
J’avais déjà une dizaine de lamas quand les alpagas sont entrés dans ma vie en 2011/2012, dans le cadre de mon projet d’installation agricole…
J’avais eu un coup de foudre pour les alpagas suri, et mon intention première était d’élever uniquement ce type si particulier d’alpagas. J’étais très attirée par leur élégance, leur beauté étonnante, ces sublimes mèches qui les enveloppent et dansent au moindre mouvement. Par leur caractère aussi : souvent plus vifs que les huacayas quand ils sont jeunes, ils deviennent aussi plus proches une fois qu’on a gagné leur confiance…
Mais quand j’ai constitué mon cheptel de départ, les bons suris étaient rares, difficiles à trouver, alors j’ai opté pour partager le troupeau entre suris et huacayas.
Puis au fil des années, avec le jeu de la sélection, des naissances et des opportunités, je me suis orientée de plus en plus vers les alpagas huacaya.
Le troupeau prenant de l’ampleur et augmentant en qualité, je me suis heurtée aux contraintes liées à l’association des suris et des huacayas sur un même élevage : multiplication du nombre de mâles, pour pouvoir travailler la sélection sur les deux types (on ne croise pas suri et huacaya, sauf avec des objectifs précis).
Ça devenait trop lourd à gérer, j’ai donc réduit progressivement la part des suris, et en 2021 il ne me restait comme suri que mes deux femelles retraitées, dont une est décédée fin 2022 (tandis que Zola, la doyenne du troupeau, porte fièrement ses 21 ans en cette année 2026).
Je me consacre donc uniquement à l’élevage de huacayas depuis 2020.
Nous voici en juillet 2026, je suis dans ma 15e saison d’élevage professionnel.
Je vois avec satisfaction les résultats de mon travail. L’absence de capacité d’investissement ne m’a pas permis de monter en flèche la qualité de mon troupeau en achetant les meilleurs reproducteurs du marché, comme certains peuvent le faire parfois même dès leur installation, mais tout le challenge du travail de l’éleveur est justement là : améliorer année après année la qualité des animaux et de leur toison, et leur caractère aussi (un élément qui est essentiel pour moi, car aujourd’hui l’alpaga n’est plus vendu uniquement pour sa laine – qui rapporte en fait bien peu -, la part des acheteurs pour le loisir est croissante).
En bilan, j’ai beaucoup appris de mes erreurs, contre-temps et moments parfois très difficiles. Je n’ai pas de regrets de cette belle expérience, même si parfois c’est terriblement frustrant de s’entendre que dire que « oui, mais moi j’ai la « chance » d’avoir des connaissance et aussi d’avoir sur place maintenant un vétérinaire qui se spécialise en petits camélidés (qu’il a d’ailleurs découverts chez moi)… Mais cette « chance », elle ne m’est pas tombée dessus, c’est le résultat d’années d’apprentissage m’ont coûté très cher, dans tous les sens du terme, d’un très gros travail de recherche d’information, et
A présent que j’ai atteint un rythme de croisière satisfaisant pour mon élevage, c’est le poids des années qui commence à dicter mes projets à venir : je « fête’ mes 61 ans dans quelques jours, et le franchissement de la soixantaine a généré une intense réflexion ces derniers mois.
J’aime ce que je fais, je suis toujours aussi passionnée par les alpagas, mais la difficulté physique de la gestion de l’élevage commence à me peser, d’autant que je n’ai pas de gros matériel, quasiment tout le travail se fait à la main, et que j’ai très peu d’aide et de soutien sur la ferme.
J’ai entrepris une réduction progressive de taille de mon élevage fin 2024, car économiquement il est impossible d’arrêter du jour au lendemain.
J’envisage la suite sereinement sans trop savoir encore ce que je ferai quand j’arrêterai l’activité (pas avant 3 ans de toutes façons). Et une chose est certaine, une partie de mes alpagas resteront à mes côtés.
Mon type d’alpaga huacaya idéal
Mon cheptel a évolué au fil des années vers le type d’animaux que je souhaitais, en morphologie, caractère et qualité de fibre.
La quasi-totalité de mes alpagas actuels sont nés sur la ferme : j’ai rentré du sang nouveau régulièrement par les mâles.
J’aime les alpagas de taille moyenne, à l’ossature solide, avec de bons aplombs, de la rusticité, une tête expressive avec du nez mais sans excès de laine.
Et surtout un caractère calme et posé, confiant.
Mon beau Prophet, ci-contre, est exactement la synhèse de mon alpaga idéal (certes il est un peu trop rond, la cantine est bonne ici, mais ça ne l’a pas empêché de décrocher à 8 ans le titre de Réserve Suprême champion au concours de St Paulien en avril dernier).
Je recherche une fibre fine et surtout à la finesse durable dans le temps (mon critère essentiel, qui a été très négligé à mon sens dans la sélection des reproducteurs), avec densité, structure, uniformité, longueur et bonne couverture.
J’ai développé mon troupeau sur ces bases.
A présent je travaille à améliorer le crimp, la densité et la brillance, mais sans perdre de vue mon objectif premier de finesse sur le long terme.
Quid des couleurs ?
Mes alpagas présentent toutes la palette des couleurs, car je souhaite avoir des teintes naturelles variées pour ma production artisanale de laine.
Toutefois depuis le début je m’intéresse plus particulièrement au gris, couleur difficile à obtenir et pour laquelle il reste beaucoup de travail à faire. Les très bons animaux gris sont rares sur le marché, mais j’ai désormais un groupe de femelles grises de belle qualité.
Mon mâle Qazan, fils de Kokine (le premier cria né sur mon élevage en 2012) transmet très bien sa couleur grise, ses fils et filles sont très prometteurs.
Et j’ai acheté en 2024 le magnifique gris Kilim des Prés du Marsault, pour apporter dans mes toisons grises son extrême finesse et sa curvature. Il repart prochainement dans un autre élevage (parce que sa lignée est déjà présente ici avec sa demi-soeur Hirondelle et ses filles), mais il m’a offert de très beaux crias pour pour continuer le travail, donc 2 superbes petites femelles gris-rose, Cérès et Déméter.
Quid des concours ?
Faute de possibilité de remplacement sur la ferme, m’absenter est, depuis mes débuts, un problème quasi-insoluble. Je n’ai pas pris une journée de vacances depuis mon installation, et même sur plan professionnel m’absenter est très compliqué. Or pour un concours, c’est 3 jours d’absence qu’il faut prévoir, avec en plus un très long trajet à faire, car hélas pour moi, ces concours sont toujours très éloignés (Bourgogne, Corrèze, Nord, Lyonnais, Haute-Loire…) : il faut partir du vendredi matin au dimanche tard dans la nuit et disposer d’un bon moyen de transport.
Et ma malchance habituelle sait aussi se manifester quand je réussis à m’absenter : ainsi en avril 2023 j’ai eu l’opportunité de me déplacer pour le concours de Brive-la-Gaillarde… et mon absence s’est soldée par le décès d’une magnifique cria née dans des conditions compliquées que mes gardiens de la ferme ne pouvaient gérer.
Triste expérience qui m’a traumatisée, et ne me motive pas pour participer à ces manifestations certes essentielles pour la vie d’un élevage, mais aussi très coûteuses dans tous les sens du terme : entre la perte de ce magnifique cria, le coût des tests vétérinaires, des inscriptions, des frais de déplacement et de logement sur place, la facture de ce concours a été pour moi très, très élevée 🙁
Mon déplacement pour Brive 2024 s’est heureusement mieux déroulé (il n’y avait pas de naissance prévue), et mon beau Sultan a ramené la couronne de champion fauve, mais pas sûre de pouvoir renouveler souvent ce parcours du combattant qu’est un tel déplacement.
En 2026, grâce à une amie qui s’est dévouée pour garder l’élevage, j’ai pu participer avec 4 mâles au concours de St-Paulien en Haute-Loire. Je n’ai pas à regretter le déplacement, puisque Kilim a remporté sa 4e couronne de champion gris (il l’aura donc eue en tant que Senior à 8 ans, après l’avoir obtenue en Junior, en Intermédiaire et en Adulte). Et mon beau Prophet a donc été Réserve Suprême champion à 8 ans également, avec les félicitations du juge Jay Holland sur la qualité de sa toison à cet âge. Mes petits Cocktail et Cachou, en classe junior, n’ont pas démérité puisqu’ils ont chacun eu leur titre de 1er de la classe avec de bonnes appréciations du juge (mais en l’absence d’autre concurrent dans ces classes, je n’accord qu’une valeur toute relative à ce prix).
En effet il faut comprendre que la signification des résultats sur un concours est très, très variable, et que les éleveurs manquent bien souvent de transparence et d’humilité quand ils proclament que leur alpaga « a été classé 1er au concours » ! Cela bien sûr sans préciser qu’il s’agit d’un prix de classe de couleur/âge/sexe, ni surtout le nombre de concurrents dans cette classe ! Pour le profane, ça sonne comme si cet animal avait été champion du concours – et c’est bien ça que l’éleveur veut laisser croire 😉
Un titre de 1er de classe peut être prestigieux si la classe est très remplie, mais n’oublions pas qu’en France les concours rassemblent peu d’animaux, et que le plus souvent il n’y a que 1 à 3 concurrents par classe !
C’est de bonne guerre, ce n’est pas la faute de l’éleveur si son alpaga était seul dans sa classe ce jour-là, et il aurait peut-être aussi été premier face à 7 ou 8 concurrents, qui sait… Mais la correction voudrait que le nombre de participants de la classe soit systématiquement indiqué quand on se vante de ses résultats.
En revanche les titres de champion couleur, et plus encore de champion et réserve champion, sont réellement valorisant (même si parfois dans certaines couleurs peu répandues il n’y ait que très peu de représentants, donc là aussi l’honnêteté demande à pondérer la valeur du résultat).
Pour info, un concours distribue 3 niveaux de prix :
– 1er niveau : les prix de classe (chaque classe représente une fourchette d’âge, un sexe et une couleur)
En France, le nombre de concurrents par classe est rarement élevé : les 14 concurrents de la classe mâle junior fauve à Brive 2023 étaient une exception remarquée et même unique, puisque l’année suivante pour les mâles junior blanc la classe de 15 a été scindée en 2, ce qui a fait… 2 séries de prix pour la même classe, avec 2 premiers prix mâle junior blanc ! Mais a contrario parfois il n’y a qu’un concurrent dans une classe, le plus souvent seulement 2 ou 3 (et dans ce cas chacun a donc son prix). Ce n’est que s’il y a en a plus de 4 que certains animaux peuvent revenir sans prix – sauf décision du juge qui peut refuser de primer un alpaga qu’il juge de qualité insuffisante, même s’il n’a pas de concurrent pour la place.
– 2e niveau : un titre de Champion Couleur et Vice-Champion Couleur, mâles d’un côté, et femelles de l’autre. Ce titre est décerné entre les 1ers de classe de chaque couleur. C’est réellement valorisant pour l’éleveur, en particulier pour les couleurs très représentées sur le concours.
– 3e niveau : les titres très prisés et très valorisants de Suprême Champion et de Réserve Suprême Champion du concours.
Le plus souvent ces titres sont décernés en mâles et en femelles, et ensuite, si le nombre de participants est suffisamment important, on ajoute une récompense au-dessus, le fameux « Best of show ».
Hélas août s’inscrit dans la parfaite continuité de juillet : canicule et sécheresse.
Heureusement, en ce qui me concerne, qu’il y a les animaux pour raviver quelques pensées positives et un peu de motivation pour continuer. Ils sont tellement résilients. Leur capacité d’adaptation me surprend chaque jour.