L’élevage KerLA

Les ALPAGAS de KerLA

vous invitent
à la découverte
de leur petit monde
au coeur de la Mayenne

Entre Laval et le Mans
près de la cité médiévale de Sainte Suzanne
(à 10mn de l'A81, sortie 2)

Le Coudray 53270 ST JEAN SUR ERVE       06.41.66.10.12     kerla.alpagas@gmail.com

Élevage professionnel depuis 2012 - SIRET 519 249 569 00038

La ferme de KerLA est une exploitation agricole
consacrée aux alpagas
et à la production de foin,
sur 15 hectares,
en lisière ouest du massif de la Charnie

Découvrez, au fil de ces pages, les particularités des alpagas
et les secrets de la transformation artisanale de leur fibre douce, chaude et résistante.

Cliquez sur les liens suivants pour…

Merci de votre visite, à bientôt

N’hésitez pas à me contacter pour plus de renseignements,
et à visiter et partager mes pages Facebook :
KerLA – Alpagas et Laines de KerLA.

L’élevage KerLA est adhérent de l’AFLA
(Association Française des Lamas et Alpagas)
et participe au développement d’un élevage éthique et respectueux des animaux

AFLA logoJe m’implique désormais également
dans une toute jeune organisation née en juillet 2025 :
SCAL’LA (Société Centrale des Alpagas et Lamas),
fondée par 4 associations soucieuses de s’unir pour parler d’une même voix,
afin de se faire entendre des pouvoirs publics,
avec la volonté de mettre l’éthique et le bien-être animal en avant
dans tous les aspects du développement de la filière petits camélidés.

 

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Couleur d’automne

Et nous voici déjà au 5 novembre, le moral est aux couleurs de l’automne qui s’avance vers l’hiver : bien tristounet
La société est en crise profonde, l’économie au plus bas, les taxes étouffent les entrepreneurs, et à notre échelle de petits éleveurs les soucis du quotidien sont de plus en plus prégnants et démoralisants.
Le foin manque, les charges augmentent inexorablement : plate-forme de paiement électronique et autres joyeuses nouveautés payantes et bien coûteuses, coût des aménagements et du matériel en hausse, prix des produits vétérinaires qui explosent alors même que certains médicaments fort utiles disparaissent du jour au lendemain car plus rentables (pour exemple, le seul produit fortement concentré en thiamine a disparu de la pharmacopée vétérinaire française, ce qui est une catastrophe pour les éleveurs de petits camélidés).

Et surtout (et de plus en plus, compte tenu du contexte difficile), l’absence de règlementation concernant l’élevage, le bien-être animal et la commercialisation des animaux a des impacts destructeurs sur les éleveurs en règle qui tentent de faire leur travail avec sérieux et éthique 🙁
Le problème est évoqué depuis longtemps par les éleveurs de chiens et chats (auxquels la loi apporte pourtant un cadre protecteur, mais encore faudrait-il qu’elle soit correctement appliquée), idem dans le monde du cheval. Mais en ce qui concerne les petits camélidés, la situation est terrible : pas de registre, pas de centralisation des puces (obligatoires, mais dans les faits elles ne servent à rien et rien n’est contrôlé), aucune contrainte de prophylaxie, de déclaration de détention, de transport et de vente, aucune règle applicable officiellement à la détention, vente de toisons et de laine au black…
Résultat : la proportion d’alpagas et lamas nés entre les mains de particuliers, parcs animaliers, fermes pédagogiques et refuges animaliers explose, un gigantesque marché parallèle aux éleveurs déclarés existe (ouvrez le Bon Coin et sa cohorte de Dons gratuits qui n’en sont pas, lisez les annonces qui font froid dans le dos…).
Tout le monde veut son petit alpaga pour le cajoler (c’est tellement mignon un cria), ou son couple pour faire un bébé (c’est tellement mignon la petite famille), on les offre en cadeaux de Noël ou de départ en retraite, c’est tellement tendance !
Et puis c’est top : il y a plein de vendeurs qui sont prêt à vous fournir ce que vous voulez à prix bas, quelles que soient vos connaissances et vos conditions d’accueil, même un couple consanguin (pas grave, c’est un détail, ça, on se fout de la génétique, c’est juste une bestiole pour amuser les enfants). On produit n’importe comment avec des parents achetés n’importe comment, et on « élève » à l’arrache sans connaître les besoins spécifiques des alpagas, mais pas grave, l’acheteur ne regarde que le prix de vente !

Et évidemment face à cette vague, les éleveurs professionnels, qui font leur travail avec sérieux, dans le respect des animaux, investissent en génétique, infrastructures adaptées, soins et alimentation de qualité, éducation soignée, paient des charges qui ne cessent d’augmenter, sont beaucoup trop cher aux yeux de celui qui achète sur un coup de tête. C’est bien connu, un alpaga ça ne devrait pas valoir plus cher qu’une chèvre ou qu’un mouton, d’ailleurs y’en a plein sur LBC à ce prix-là, donc c’est bien que les éleveurs s’en mettent plein les poches avec leurs tarifs exorbitants…

Par contre pour ces naisseurs en herbe, dès qu’il y a un souci, hop on saute sur le téléphone pour appeler un éleveur. Le leitmotiv : « les vétérinaires ne connaissant pas bien ces animaux, on a besoin de l’avis d’un professionnel ». Ben oui, vous auriez aussi dû le demander, l’avis professionnel, avant d’acheter vos alpagas et de les faire se reproduire n’importe comment !
Mi-octobre, en l’espace de 2 jours, j’ai eu 5 appels de demande d’aide de particuliers concernant des soucis avec leurs alpagas. J’ai passé du temps pour essayer d’aider dans un des cas, mais dans les autres je n’ai pas donné suite, soit à cause de l’impolitesse totale des personnes (c’est ahurissant), soit, dans 2 cas, parce qu’il s’agissait de personnes détenant un couple d’alpagas, et rencontraient les soucis qui en découlent (c’est quasi inévitable, marre de le répéter et de devoir essayer de rattraper les problèmes après).

Mais bon, pourquoi changer ce qui fonctionne ? On voit des refuges animaliers qui font de la repro et font pâmer leurs followers sur Fb ou Instagram devant la mignonitude de leur adorable cria lama ou alpaga bien imprégné qui se comporte et joue comme un petit chien… C’est tellement vendeur, et ça remplit les cagnottes ! Là personne pour critiquer le fait de faire naître (c’est pas comme ces méchants éleveurs, qui font naître pour gagner plein de sous, hou, la honte). Et personne pour se demander ce que deviendront ces animaux bien imprégnés 🙁
Sur les réseaux on bloque les commentaires des personnes bien informées qui tentent d’avertir et on les met plus bas que terre, avec l’aval des suiveurs qui ne comprennent pas comment on peut critiquer quelqu’un qui câline un cria à longueur de video 🙁  Mais on fait quand même disparaître les videos trop compromettantes où l’imprégnation commence clairement à manifester ses effets pervers…

La vague est à mon sens trop forte pour qu’on puisse y faire quelque chose maintenant, c’est affligeant, mais tellement à l’unisson des mentalités de notre époque.
Nos pauvres alpagas deviennent des objets tendance entre les mains d’inconscients, on entend de plus en plus généraliser la « dangerosité » des lamas et des alpagas, mâles notamment, comme étant un élément naturel et à intégrer. Ça me rend folle d’entendre de telles affirmations tellement erronées.
Cette notion est hélas véhiculée par certains vétérinaires et détenteurs qui ont de plus souvent affaire à des animaux imprégnés (donc cracheurs et agressifs) et en tirent des conclusions générales.
Donc qu’un alpaga crache, bouscule, crie et se montre dangereux à manipuler, et qu’un mâle manifeste des comportements agressifs, ça devient une norme acceptée, juste parce que trop de naisseurs et une grande majorité de détenteurs (qui achètent à ces naisseurs incompétents) ne connaissent pas les spécificités de ces animaux et l’importance d’éviter toute imprégnation du jeune 🙁
C’est depuis longtemps, il faut le dire, le discours des cirques et de certains zoos et parcs animaliers. J’en ai été témoin directe au fil des années, je n’invente rien, hélas ! C’est à pleurer, car pourtant un parc animalier est censé avoir des gens formés, mais cette formation inclut rarement les petits camélidés, qui ne font pas partie des espèces exotiques, qui sont juste là dans la partie ferme familiale pour faire acheter des sacs de carottes ou de pop corn à distribuer, faire craquer les parents et amuser les enfants. Ou parfois quand les soigneurs sont formé ou conscients des problèmes, c’est la direction qui ne veut pas entendre parler des particularités à respecter pour cette espèce, car c’est la satisfaction du public qui prime… Là encore j’y ai été directement confrontée, et avec un zoo plus que connu…

Et pour la (triste) anecdote, j’ai encore reçu, il y a 3 jours, la demande d’une ferme pédagogique pour acheter un couple d’alpagas… Projet bébé en vue 🙁  J’ai pris le temps d’expliquer, aussi posément que possible, pourquoi il ne faut pas faire vivre les alpagas en couple, et pourquoi un cria unique dans une ferme péda n’est pas éthique. Et bien sûr… aucun retour de la personne. Elle a sans aucun doute trouvé ailleurs quelqu’un de beaucoup moins consciencieux qui lui a vendu son couple sans problème 🙁

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