CARDAGE DE LA FIBRE

Carder ou peigner pour préparer la fibre

La fibre d’alpaga peut être filée brute, sans aucune préparation après le tri. Mais pour faciliter le filage et avoir un fil plus régulier, la fibre doit être disciplinée par deux ou trois passages successifs entre des cardes ou des peignes.

cardage de la laine

Cardeuse à balancier – KerLA

Étape préalable indispensable au filage, lécharpillage consiste à démêler et ouvrir soigneusement les fibres, boucle par boucle.

Il est réalisé en grande partie lors du tri, puis terminé en sélectionnant la fibre pour carder ou peigner. Pour les laines grossières ou les fibres destinées au feutre, parfois difficile à écharpiller à la main, on peut utiliser une bonne vieille cardeuse à balancier (ci-contre), utilisée autrefois pour carder la laine à matelas – on parle alors de pré-cardage.

CARDAGE ou PEIGNAGE

Le choix de la technique dépend du type de fibre et de l’objectif final :

le peignage est privilégié pour les fibres longues, comme celles de l’alpaga suri, car il met en valeur leur brillance en les alignant parfaitement. Le fil obtenu est très lisse, plus solide car réalisé avec des fibres de longueur identique, mais il est aussi plus coûteux car le travail avec des peignes à main prend énormément de temps.

– le cardage est la technique la plus couramment utilisée en atelier artisanal, car elle est beaucoup plus rapide que le peignage. Elle concerne les fibres jusqu’à 15cm. Le cardage permet d’aligner plus ou moins les fibres. Il peut se faire à l’ancienne, avec des cardes à main, mais pour que le coût de la laine ne soit pas prohibitif, il est préférable d’utiliser une cardeuse à rouleaux :

La cardeuse à rouleaux donne de belles nappes plus ou moins épaisses, de 40 à 65g, faciles à stocker :

Rouleaux d'alpaga cardé

Petits rouleaux de laine cardée, prêts pour le filage

La nappe peut être divisée en bandes que l’on enroule sur elles-mêmes, ou mise en ruban prêt à filer à l’aide d’un diz.

La manière de préparer la fibre permet soit un filage dans le sens de la fibre (effet plus lisse), soit un filage perpendiculaire à la fibre (effet plus gonflant).

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Été indien

Chaque année je me dis qu’à l’automne, une fois les naissances terminées, j’aurai davantage de temps pour me consacrer aux travaux d’entretien de la ferme, au travail de la laine, aux déplacements que je reporte sans cesse…

Et puis chaque année à l’automne, le temps disponible semble se réduire, à l’aune de la durée du jour…

ROSÉE et son adorable THALIE, dernier cria de l’année

Plus de naissances pour cette année, certes (la dernière a eu lieu mi-octobre, ma belle Rosée a tenu à me faire patienter avant de me laisser découvrir l’adorable petite femelle blanche qu’elle concoctait), mais une multitude de travaux tous plus urgents les uns que les autres, en particulier sur les clôtures : 10 ans, c’est la moyenne de durée vie des piquets dans dans ce sol argileux… Et comme la plus grande partie des clôtures ont été posées à l’installation, tout se trouve à refaire en même temps.

Donc depuis 2 ans, ma priorité à l’automne et au printemps est de reprendre les clôtures, parc après parc. Sans main d’oeuvre et sans gros matériel, avec juste une cloche pour enfoncer les nouveaux piquets, autant dire que c’est un travail de longue haleine et épuisant. Mais je n’ai pas le choix.

Et comme chaque automne aussi, avec les accès de mauvais temps, des problèmes ou des insuffisances se révèlent au niveau des abris et des bâtiments : courants d’air, protection insuffisante, infiltration d’eau quand il pleut fortement… Il faut y remédier au cas par cas, pour le confort des animaux… Je sais ce que seront mes travaux hivernaux cette année ! Moi qui espérais pouvoir enfin me consacrer à des améliorations à l’intérieur de la maison, ce sera encore reporté 🙁  Je viens de passer le week-end dernier à remanier les pignons de l’écurie des filles, profitant de ce qu’il n’y avait pas de stage.

Car cette automne est aussi ponctuée par un nombre inhabituel de stages de 1 ou 2 jours : rattrapage des stages reportés par le COVID en 2020 et début 2021, mais aussi forte demande, aussi bien pour les stages de découverte des alpagas que pour les stages laine. Bien sûr je ne vais pas m’en plaindre : j’adore ces week-end d’échange et de convivialité, occasion de rencontres étonnantes et passionnantes. Ces journées de stage finissent souvent bien au-delà des horaires établis, et en conséquence je dois assurer les soins aux animaux très tôt et très tard dans la journée, et j’ai aussi un gros travail de nettoyage des écuries les lundis après les stages. C’est un rythme épuisant, mais tant que physiquement et moralement je m’en sens capable, je continue.

Et pour terminer avec les animaux, puisqu’ils sont le coeur de l’activité, sa raison d’être et aussi ma raison de vivre, il me fallait cet automne décider des alpagas à proposer à la vente. Des décisions toujours très difficiles à prendre. Si je le pouvais, je ne vendrais aucun d’entre eux, je le répète souvent. Mais je suis éleveur, j’ai des charges à payer, je dois vivre de mon activité… Je ne fais naître qu’un nombre d’animaux correspondant aux besoins de mon activité, je ne cherche surtout pas à multiplier les naissances, à produire inutilement et à vendre pour vendre, et par bonheur je travaille avec une clientèle qui s’informe, prend très au sérieux la qualité de vie à apporter aux alpagas, et mes loulous sont bien partout où ils vont, c’est essentiel pour moi.

Les partants de cette fin d’année sont les jeunes mâles que j’ai fait castrer à l’automne, tous à destination loisir dans de très bonnes maisons (en Vendée et en Aveyron), et des jeunes femelles qui partent rejoindre un élevage dans l’Allier. Pour les autres, on attendra le printemps 🙂

SAXO de la Montagne, né en juillet 2019, fils d’ARTEMIS du Fontenelle : un jeune entier très prometteur

Et je n’oublie pas de présenter le petit nouveau dans l’élevage, une arrivée imprévue liée à un concours de circonstances, mais tout à fait bienvenue : le magnifique Saxo de la Montagne, mâle de 2 ans 1/2 aux origines excellentes (fils du triple suprême champion Artémis du Fontenelle), qui je l’espère pourra commencer sa carrière de reproducteur au printemps 2022 🙂

 

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