Fin d’année…

Et voilà, l’année 2022 va vers sa fin, et à l’image de cette photo de ciel tourmenté sur la ferme, elle me laisse des souvenirs mitigés dans bien des domaines : beaucoup de déceptions et de moments difficiles, dans un contexte général plus que tristounet.
Mais par bonheur aussi, de belles satisfactions comme éleveur, avec une magnifique cuvée de crias, avec des clients toujours aussi sympathiques, et une belle série de stages avec des participants venus de tous les horizons.

Comme je le répète souvent au fil de ce blog, la gestion de l’élevage en solitaire n’est pas tous les jours faciles, mais pourtant je ne regrette pas mes choix du passé, parce que les cadeaux de cette vie sont inestimables malgré les difficultés.

Les crias 2022 grandissent, les sevrages ont commencé, la qualité de ces jeunes me satisfait pleinement, les toisons sont vraiment très belles et il va être très difficile de choisir quels animaux vendre à l’issue des sevrages, au printemps 2023.

 

 

 

Stage SOINS aux ALPAGAS fin octobre

La 2e édition du stage « Soins aux Alpagas » ce dernier WE d’octobre a été un succès 🙂
En attendant la prochaine édition le dernier WE d’avril 2023 (me contacter pour les inscriptions).

La formation se déroulait cette fois sur 2 jours 1/2, un atelier ostéo gratuit ayant été ajouté le vendredi après-midi pour les volontaires.

Merci à Frederik Vandenberghe, vétérinaire pratiquant l’ostéopathie, membre de la clinique voisine de Vaiges (53) dont dépend l’élevage KerLA, qui a assuré une formation théorique et pratique de grande qualité, passionnante, très appréciée des participants.
Spécificités des alpagas, alimentation, soins quotidiens, suivi sanitaire, maladies… : tout l’éventail des informations nécessaires à une bonne gestion des alpagas était présenté, et chacun selon son niveau de connaissance et d’expérience (éleveur, propriétaire, futur propriétaire) pouvait trouver son compte, améliorer sa capacité d’observation des alpagas, affiner ses connaissances et son suivi de ses animaux présents et futurs.

La pluie drue du dimanche matin n’a pas empêché la séance de travaux pratiques.

Tout d’abord, bien à l’abri, chez ces messieurs les mâles : manipulations de base (contention, licol), examen physique (évaluation de l’embonpoint, observation des muqueuses, de la dentition…), taille des onglons, conseils pour les injections et l’administration de vermifuges…

Ensuite chez ces dames, avec la démonstration de l’examen échographique de plusieurs gestantes à différents stades de gestation.Ma douce Siska, à 5 mois de gestation, nous a offert de fantastiques détails anatomiques de son futur bébé (une fille, nous a annoncé Frederik… Réponse début mai 2023 !).

Beaucoup d’humour, une ambiance sympa et détendue…
Des stages comme on les aime ! Merci à tous et à bientôt !

Et, cerise sur le gâteau, présence tout ce dimanche d’une équipe du magazine « Reportage » de TF1 pour diverses prises de vue… Chut, suspense, de cela il sera de nouveau question en temps utile  😉

 

Stage alpagas fin septembre

Ce dernier week-end de septembre, 7 participants enthousiastes sont venus découvrir le monde des alpagas dans le cadre d’un stage.
Ce furent 2 super journées intenses et riches d’imprévus, puisque ma femelle ROSÉE a choisi le dimanche matin, juste au moment où nous évoquions la reproduction, pour nous offrir son cria, avec une mise-bas « by the book ».
La jolie VANDA, fauve très clair, a beaucoup de parrains et marraines !

J’organise ce stage 2 fois par an, au printemps et à l’automne, à l’intention des personnes qui souhaitent faire connaissance des alpagas pour devenir propriétaires dans de bonnes conditions, qui souhaitent améliorer leurs relations avec leurs alpagas, ou se lancer en élevage de ces merveilleux animaux.

Au cours de ces 2 jours, théorie et pratique alternent pour apprendre à approcher, manipuler et longer les alpagas, pour se préparer à les accueillir et les soigner au mieux.

N’hésitez pas à vous renseigner sur ma page « stages alpagas«  (le prochain stage sera le WE de Pâques d’avril 2023).

Voici quelques photos de ce week-end bien agréable :

 

 

 

Le dilemme des dates de saillie

Les mois d’août et septembre ont été riches en naissances à KerLA, puisque 10 crias ont pointé le bout de leur nez pendant cette période, avec une majorité de filles, en plus 🙂
Des naissances sans problèmes majeurs, à la différence des gros soucis de première partie de saison (que je constate d’ailleurs depuis 3 ans).
Ce qui conforte ma décision de reporter désormais les mise-bas à cette période août-septembre, et à ne commencer les saillies que vers le 10 septembre.

Comment expliquer cette situation ? (qui n’est pas forcément identique chez tous les éleveurs, chacun doit analyser avec ses contraintes d’élevage, ses types de sol et de gestion du troupeau).
– au printemps, la météo anormalement chaude des dernières années a rendu les fins de gestation difficiles à supporter pour les femelles en toison.
– la tonte (début mai ici) est une épreuve également pour une femelle sur le point de mettre bas : risque d’entraîner un déclenchement prématuré, avec dystocie (j’ai eu le cas cette année).
– mais si j’attends la mise-bas pour tondre (ce que je fais le plus souvent maintenant, puisque je peux tondre moi-même) les futures mamans mal à l’aise avec leur épaisse toison se roulent avec excès dans un sol devenu poussiéreux (argile ici, qui incite aux roulades), ce qui implique une hausse hallucinante des torsions utérines, des dystocies (mauvaise présentation du cria) et des prématurés : jamais je n’en avais eu autant que cette année !
– ces roulades dangereuses car excessives continuent d’ailleurs pendant les longues journées de canicule si difficiles à supporter pour les gestantes, même avec ombre et fraîcheur à disposition, et les soucis de dystocie grave ont continué jusqu’à fin juillet cette année.
– la canicule a des effets délétères sur le cria nouveau-né (apathie, problème pour téter) et parfois sur le lait de la maman : j’ai eu un cas rarissime où l’extrême chaleur a déshydraté le colostrum dans les canaux des trayons, le rendant filandreux et imbuvable pour le cria 🙁  Jamais je n’avais eu autant à complémenter en colostrum (par traite de la mère ou colostrum de chèvre) !

Donc à l’exception de 6 femelles qui mettront bas en avril et mai 2023, toutes les autres ne me feront un cria qu’en fin de saison l’an prochain.
Je n’ai commencé la 2e période des saillies que le 9 septembre, je vais continuer présentations et vérifications jusqu’à fin octobre, ce qui me fera des naissances entre mi-août et fin septembre 🙂
Et un décalage n’est pas forcément à prévoir pour les années à venir, car les gestations de fin de saison sont en général plus courtes que celles de début ou milieu de saison : à une exception près; les 8 dernières gestations de cette année ont duré à peine 11 mois, et moins de 11 mois dans 3 cas !

Mes crias de fin de saison sont tous en super forme, et surtout je trouve que les mamans ont pris beaucoup, beaucoup moins dur pendant leur fin de gestation, qu’elles se remettent aussi beaucoup plus vite et perdent moins d’état pendant la lactation que lors d’une canicule estivale.

 

Nouvelles d’automne

Je n’arrive pas à croire que je suis restée plus de 2 mois sans écrire d’article pour ce blog d’actualités de KerLA  🙁

Maintenant que les naissances sont terminées, ainsi que la série intensive des stages de septembre, je peux prendre un peu de recul et réfléchir à la situation.
J’avais des travaux prévus sur la ferme en octobre (afin d’aménager un peu mieux la cour et le tour des bâtiments, et accueillir les visiteurs dans un écrin moins rustique). Mais l’entrepreneur qui s’était engagé me laisse tomber : comme d’habitude les petits clients, qui servent de bouche-trou dans le planning, sont aussi ceux qu’on jette dès qu’un chantier plus intéressant se présente, sans se soucier des conséquences pour leur activité…
Heureusement que je n’avais pas démonté toutes les clôtures pour l’accès des machines, comme je devais le faire pour le début des travaux cette semaine ! J’ai eu le nez creux, j’ai trop l’habitude de ces comportements.
Mais il n’en reste pas moins que je me retrouve une fois de plus seule avec mes deux mains et mes maigres outils pour assurer les aménagements de ma ferme et ses 15 hectares. Trouver des entrepreneurs pour faire des travaux est un vrai parcours du combattant, et trouver un salarié en TESA, n’en parlons pas !
A deux, ou avec un peu de soutien extérieur, ce serait formidable développer le potentiel de cette ferme qui est incroyablement fonctionnelle pour ce type d’élevage (c’était la raison de mon coup de coeur début 2012).
Mais, seule, ça devient très, très dur au quotidien. Car après plus de 10 ans de fonctionnement, des aménagements sont inévitablement à refaire : les poteaux de clôtures s’abîment en terre, les grillages cèdent, la terre et l’herbe reprennent leurs droits sur les zones terrassées de la cour et des paddocks, etc. C’est comme une nouvelle installation, mais avec 10 ans de plus, et moins d’enthousiasme et d’énergie, forcément…

Si la vie de l’élevage est intense, que les stages tournent bien et que l’occupation ne manquent pas, je me pose de plus en plus souvent la question de la validité de mes choix, notamment de mon sacrifice de toute vie sociale, et de l’impossibilité de développer mes projets faute de moyens et de soutien familial et local.
Et mon envie de partir vers d’autres horizons grandit jour après jour…
Non que je veuille quitter mes alpagas, loin de là, je n’imagine pas d’autre vie à présent, mais être avec eux différemment, ça me tente… J’ai du mal à me couler dans ce monde de l’élevage fait de rivalités, d’hypocrisie à peine voilée, de lâchages de personnes qu’on prenaient pour des ami(e)s mais qui ne voyaient que leur intérêt… J’ai pris trop de gifles à cause de ma trop grande naïveté, ce mode de fonctionnement n’est pas le mien, et la solitude devient vraiment trop pesante pour tout encaisser.
Parfois je me prends à rêver d’une possibilité d’association sur un projet d’élevage différent, de développement de la laine, de tourisme, ici ou ailleurs… Mais trouver un(e) associé est loin d’être simple, surtout en élevage, et surtout à un âge mûr où on est moins souple sur beaucoup de choses, plus intransigeant (et quand il s’agit du bien-être des animaux, je ne fais pas de compromis…).

Alors que faire ?
Continuer mon petit bonhomme de chemin avec les moyens dont je dispose, aller tranquillement vers la retraite en continuant mon activité comme je la vis à présent, profiter de mes chers alpagas, vivre au milieu d’eux, continuer à en apprendre un maximum sur eux, pour les 6 ou 7 années à venir… Mais ça suppose de réussir à faire face à ces travaux pour lesquels je ne parviens pas à trouver d’artisans disponibles ni de coup de main…
Avoir recours au financement participatif, comme beaucoup ? Mais ce n’est pas du tout mon truc de quémander pour mon profit perso (ça me dépasse, cette mode actuelle). Et çà ça ne règlerait pas le problème de l’absence de main d’oeuvre et d’aide…
Le woofing ? Je n’ai pas d’hébergement à offrir pour le moment…
Céder l’élevage à un repreneur ? Pourquoi pas, si l’occasion se présente…  Si, parmi ceux qui me lisent, se trouvent de futurs éleveurs d’alpagas qui recherchent à la fois un cheptel de qualité et une ferme parfaitement adaptée à l’élevage des petits camélidés, n’hésitez pas à me contacter.

En attendant, je vais réduire, progressivement, la taille de mon cheptel, et continuer à faire ce que j’aime, à le faire bien, saison après saison : élevage, formation et travail de la laine.
De bons animaux seront disponibles en 2023 pour des éleveurs sérieux et surtout soucieux d’éthique
N’hésitez pas là aussi à me contacter si vous êtes intéressés.

La tonte des crias

La tonte des alpagas de l’élevage a lieu courant mai chaque année, mais désormais je prends soin aussi, quand c’est possible, de faire une première tonte estivale à mes crias du début de saison.

C’est une pratique courante chez beaucoup d’éleveurs à l’étranger, mais encore très confidentielle en France, le manque de tondeurs expliquant sans doute cela.
Tondre soi-même donne une souplesse dans le choix de la date de tonte, afin de s’adapter à la météo et à l’âge des crias, le tout dans un minimum de stress.

Tondre un cria (à partir de 3 semaines d’âge) permet de favoriser sa croissance et son bien-être en le délestant d’une toison déjà bien longue à la naissance et vite encombrante, surtout avec un été caniculaire comme cette année.
De plus pour nous qui travaillons la laine, une toison de cria non tondu est quasiment impossible à trier correctement, l’extrémité des poils qui a baigné dans le liquide amniotique est fourchue et retient toutes les saletés, comme du velcro.

Voici la page que je viens de consacrer à ce sujet : la tonte des crias

Travaux d’été

Malgré la canicule qui pousserait bien à prendre un livre pour se prélasser à l’ombre d’un chêne, les travaux ne s’arrête pas avec l’été sur la ferme, loin de là !

Le foin à peine terminé il faut, comme chaque année entre mi-juin et mi-juillet, s’attaquer au nettoyage des parcelles pâturées, car les alpagas délaissent de nombreuses adventices qui prolifèrent et deviennent invasives si on ne les élimine pas (on peut le voir sur cette photo prise dans la pâture des femelles suitées le 8 juillet !), et entretenir les haies qui débordent elles aussi de plantes gênantes.
Comme je fonctionne sans aucun traitement chimique sur mes sols, tout ce nettoyage se fait de façon manuelle : arrachage soigné de certaines espèces qu’on veut éviter de laisser grainer sur les sols (parelles, seneçons) ; coupe aux cisailles ou au sécateur pour les haies ; broyage mécanique à la débroussailleuse portée (à lame et à fil) pour les bordures de champ et au gyrobroyeur attelé au tracteur pour les pâtures…
Et croyez-moi, ce sont des heures et des heures de travail pour parcourir une bonne dizaine d’hectares et nettoyer des centaines de mètres de haies !

Entre autres, les étapes du travail consistent à :

– faucher les orties, que les alpagas adorent venir dévorer une fois qu’elles sont à terre (j’entretiens volontairement des zones de pousse d’orties, car ces plantes riches en minéraux sont un excellent apport pour les animaux)

– arracher, pied par pied, à la main, les envahissantes parelles (ou rumex). Plantes certes supposées favorables à l’aération des sols, mais dont les graines très résistantes ont vite fait de transformer une prairie en jachère irrécupérable si on n’y prend garde. Cet arrachage est épuisant, car ces herbes ont de longues racines pivotantes, et il faut parfois juste se résigner à couper la tige à la base, juste pour l’empêcher de grainer.

– repérer et arracher avec soin le séneçon jacobée, qui pousse de façon complètement aléatoire en pieds isolés, reconnaissable à sa longue tige violacée, ses feuilles dentelées et ses fleurs jaunes bien découpées. Cette plante toxique prolifère sur les bords de routes sans que l’on s’en inquiète, et colonise ensuite les champs avoisinants grâce au vent ou transportée par les véhicules agricoles 🙁  Les alpagas ne la consomment pas sur pied, mais, comme les éleveurs équins, j’ai la hantise de la voir se développer sur mes prairies, et d’en retrouver dans le foin, car la dessication augmente sa toxicité, les alcaloïdes qu’elle contient détruisent progressivement le foie de manière irréversible.
Pour info, je stocke soigneusement parelles et seneçons dans de grands bacs que j’amène à la déchetterie : les graines de parelles, par exemple, résistent des dizaines d’années, même à la sécheresse et au compostage !

– inspecter toutes les clôtures bordées de haies pour éliminer les débordements de ronces et d’aubépines au-dessus et entre les mailles des grillages : le but est de maintenir la haie en retrait du grillage, mais aussi de protéger les alpagas qui peuvent, avec la repousse de leur laine en automne, être piégés par ces longues ronces aux épines agressives en se les entortillant autour de la tête et du cou et, dans des cas extrêmes, pour les jeunes surtout, s’étrangler.

– organiser un broyage méthodique des boutons d’or, de la porcelle, de diverses herbes non souhaitées, mais surtout des chardons, incroyablement nombreux cette année. Le chardon ne présente aucune toxicité, bien au contraire : cette plante a de nombreuses vertus médicinales, mais elle n’est pas consommée sur pied par les animaux, et ses graines qui peuvent être disséminées par le vent à des kilomètres de distance la rendent terriblement invasive pour les prairies et sols cultivés, au point que le code rural fait obligation de couper les chardons avant mi-juillet. 

Ouf, je peux écrire tout ça maintenant parce que cette partie-là du travail est (presque) terminée pour cette année ! Mais vous imaginez bien que faire tout ça sous les chaleurs extrêmes que l’on subit actuellement, avec mon petit matériel, n’est pas de tout repos (pas de tracteur à cabine ventilée et climatisée, ici : mon tracteur a le même âge que moi( hum) et il n’a même pas de cabine !!! J’ai l’impression d’avoir passé une semaine enfermée dans une cabine à UV !

Et bien entendu, l’été c’est aussi la réfection des grillages abîmées par ces chers alpagas qui adorent se jeter dedans latéralement pour se gratter…

Et c’est le ré-aménagement perpétuel des bâtiments pour améliorer en permanence le confort de ces messieurs-dames…
Dernier travail en date : la dalle de béton que je promettais depuis des mois aux p’tits gars pour leur écurie où l’eau s’infiltre à chaque grosse pluie : une vingtaine de m² (13 sacs de ciment, plus de 150 seaux de sable et de gravier remplis et vidés dans ma petite bétonnière, une quarantaine de brouettes de béton charriées… Merci à mes aides qui ont trimé dans la chaleur en ce 14 juillet !)

 

Juin en dents de scie

Entre la canicule et les orages violents qui ont apporté grêle, vent et inondation des écuries à plusieurs reprises, la période mi-mai/mi-juin n’a pas été de tout repos cette année !

Par chance un créneau favorable a permis de faire une récolte d’excellent foin (moitié en petites bottes, moitié en rounds), l’alimentation de l’année à venir est assurée pour ma petite troupe !

La fenaison est toujours une période aussi stressante, surtout quand le vieux matériel semble chaque année sur le point de rendre l’âme…
Une fois le foin rentré, l’adrénaline retombe et, pendant quelques jours, difficile de retrouver l’énergie pour les multiples travaux qui ponctuent le quotidien d’une ferme !

Et les naissances continuent gentiment à ponctuer le printemps, les filles ont eu la sagesse de respecter mes consignes et d’attendre la fin des foins pour se libérer de leur fardeau ! C’est étonnant cette année, malgré l’absence d’hiver rigoureux la durée moyenne des gestations est beaucoup plus longue que les années précédentes, aucune n’a duré moins de 11 mois, plusieurs tutoient les 12 mois… Cette météo en folie perturbe les animaux autant que nous ! 🙁

Mai/juin est aussi une période d’intensification des multiples coups de fil et mails que tous les éleveurs connaissent bien… Les raisons en sont multiples.
Parfois c’est juste un mot sympa pour me remercier des infos que je mets sur mon site, ou pour m’encourager (mon dieu que ces messages font plaisir !), ou bien pour donner des nouvelles d’animaux vendus (ça aussi, quel bonheur de savoir ce que deviennent mes loulous !). Ou des questions concernant la laine et les stages.

Le plus souvent, bien sûr, les demandes portent sur l’élevage…
Il y a bien sûr les demandes de visite qui explosent avec la belle saison… Répondre aimablement (même quand l’interlocuteur déçu se montre désagréable) que les visites se font uniquement suivant un planning précis, et que oui, elles sont payantes… Il faut parfois expliquer qu’un élevage n’est pas un parc d’attraction accessible 7 jours sur 7, que c’est un lieu de travail où on ne peut accueillir à la demande toute personne qui veut satisfaire sa curiosité ou montrer des alpagas au petit dernier…
Il y a les personnes désirant se renseigner sur les alpagas pour en acquérir. Rien de plus normal pour l’éleveur que ces contacts heureusement le plus souvent sympathiques et constructifs, mais parfois au bout du fil ou du clavier la personne ne semble pas toujours consciente qu’elle se renseigne sur un animal soigné au quotidien, et non sur une paire de chaussure stockée sur une étagère dans un placard ; et qu’un alpaga élevé et éduqué avec soin par un professionnel soumis à des charges et à la TVA ne peut pas être vendu au prix d’une peluche à la foire du Trône 🙁
Et il y a aussi (et de plus en plus souvent) les personnes qui ont acheté des lamas et/ou alpagas à des maquignons, sans aucun conseil ni suivi, cédant sur un coup de tête à une mode et à un vendeur sans scrupules (merci en particulier les zoos et parcs animaliers qui font n’importe quoi dans ce domaine, c’est lamentable, je vais faire un article là-dessus bientôt !). Personnes qui se retrouvent débordées par une maladie de leur pauvre alpaga (qui vit seul, ou en couple, ou avec des chèvres – toutes situations qui génèrent fréquemment hélas de graves soucis), par un comportement problématique, par une naissance impréparée…
Personnes dont le vendeur est bien entendu aux abonnés absents, injoignable depuis l’instant où la vente a été conclue (ce type de vendeurs est d’ailleurs le plus souvent incapable de conseiller correctement, de toutes façons)…
Personnes qui savent bien, cette fois, trouver sur Internet les coordonnées d’un éleveur professionnel pour demander de l’aide. C’est notre boulot, nous dit-on !

J’aide toujours quand il s’agit d’une vraie urgence, beaucoup peuvent en témoigner. L’entraide est importante car parfois même avec une formation correcte ou une bonne expérience on rencontre un problème qu’on ne peut résoudre sans faire appel à un réseau.
Mais j’en ai marre de jouer au conseiller de service toujours disponible pour les personnes qui n’ont pas pris le temps de réfléchir et de se former un minimum avant d’acheter le premier animal venu ou de s’improviser éleveur sans aucune connaissance 🙁
Je suis désolée, mais notre boulot d’éleveur n’est pas d’être à disposition 24h/24 de ceux qui nous prennent pour des imbéciles…
Le bénévolat, j’en fais, pour les alpagas et dans d’autres domaines, mais comme tout un chacun je choisis pour qui et pour quoi je donne mon temps, je n’aime pas qu’on me l’impose. Alors quand il s’agit d’exploiter mes compétences professionnelles, là aussi, comme tout un chacun, je souhaite une juste rémunération de mon travail…

Crias 2022, c’est parti !

Avec la tonte et les travaux de printemps, j‘ai pris un peu de retard pour célébrer l’arrivée des premiers crias de la saison, je me rattrape !

Léonie a ouvert le bal le 19 avril avec un magnifique cria mâle fauve clair, fils de JJ, au superbe phénotype et dont la fibre s’affirme déjà de très belle qualité. Un beau petit mec qui frime beaucoup.

A la date d’aujourd’hui, 19 mai, pile un mois plus tard, ce sont 8 crias qui foulent l’herbe de printemps (quand la succession d’orages et la forte chaleur ne m’obligent pas à les garder à l’intérieur).
La parité est respectée : 4 mâles et 4 femelles
Les femelles étaient parties pour emporter ce début de partie, mais hélas ma jolie Roxane a eu une petite femelle mort-née, tard en soirée, alors que je m’étais brièvement absentée pour des travaux de clôture. Je ne saurai jamais s’il m’aurait été donné de sauver ce bébé, si j’avais été présente. Les lois de l’élevage sont parfois cruelles 🙁

Les crias de l’année sont présentés sur la page Naissances 2022 à mesure qu’ils pointent le bout de leur nez… dès que je leur ai trouvé un nom de baptême !

Tonte 2022

Début mai, deux journées intenses ont été consacrées à la tonte, comme chaque année : avec l’aide d’une équipe efficace, 60 alpagas ont été tondus en 2 jours par Pascal, tondeur émérite qui vient à Kerla depuis la création de l’élevage en 2012. J’ai gardé pour plus tard un petit groupe de femelles sur le point de mettre bas, que je ferai moi-même au fur et à mesure des naissances.

Calme, douceur et sérénité permettent d’avoir des alpagas zen, non stressés, et aussi coopératifs que possible : très peu de protestations, de cris, de crachats, rien à voir avec les tontes des toutes premières année 🙂  c’est un bonheur de mesurer les progrès accomplis dans la gestion des alpagas et la relation instaurée avec eux 🙂

Merci à Philippe, l’ami fidèle, à Bernard, Eric, et à l’équipe de la Maison de la Maille pour l’aide apportée pendant ces deux journées qui sont essentielles dans la vie de l’élevage.

Premières tontes

LÉONIE et son cria URAGAN

Cette semaine, j’ai ressorti tondeuses, peignes et ciseaux pour tondre les 3 mamans de ce début de printemps : la fatigue de la mise-bas, l’énergie débordante des crias et l’organisme fortement sollicité pour la production de bon lait, tout cela rend l’épaisse toison plus difficile à supporter pour les nouvelles mamans que pour les femelles en fin de gestation, qui peuvent rester affalées au frais toute la journée.

Grâce à l’aide de ma stagiaire Laura, ainsi que d’Isabelle et Julien en visite jeudi, j’ai pu tondre sereinement Qalypso, Léonie et Pitchoune, qui en éprouvent visiblement un grand soulagement !

Pour la plupart des alpagas, la tonte sera la semaine prochaine, avec Pascal, tondeur émérite qui assure la tonte à KerLA depuis 2013.

PITCHOUNE et son bébé ULIX

Cependant je me réserve les femelles proches de la mise-bas, que je tondrai après les naissances : je n’ose plus faire tondre celles qui sont à moins d’un mois du terme, le risque de naissance prématurée est trop élevé, je l’ai vécu deux fois ces dernières années.

 

 

Un super stage ce week-end

Ce week-end de Pâques, une douzaine de passionnés de petits camélidés avaient rendez-vous à KerLA pour un stage inédit sur les « Soins aux alpagas ».

Deux journées riches et passionnantes, animés par Frederik Vandenberghe, vétérinaire de l’élevage KerLA et ostéopathe, et par moi-même pour le point de vue de l’éleveur.

Beaucoup d’échanges, des contenus pointus mais des explications claires et précises, beaucoup d’humour et de rires, des ateliers pratiques (dont deux belles démonstrations de manipulations ostéo), une chouette ambiance et des horaires à rallonge… Bref tout ce qu’on aime dans un stage ! Et en bonus une météo idéale !

Merci à Frederik, et merci à tous les participants dont certains sont venus de très loin (trois personnes de Belgique).

Une première édition très réussie !

D’autres stages devraient suivre sur ce sujet essentiel du bien-être et des soins adaptés à nos chers alpagas, qui souffrent en France de la méconnaissance terrible de beaucoup de détenteurs et éleveurs.

 

 

 

L’année avance…

L’année avance, et moi je prends un sérieux retard dans mon fil d’actualité !
Travail non stop sur la ferme, toujours et encore : soins aux alpagas, changements de pâtures, sevrages, éducation des jeunes, nettoyage quotidien, clôtures, travaux d’entretien divers et variés qui font la vie d’un élevage….sans parler de la paperasse administrative (pas encore fini ma compta 2021, la galère !), de la communication avec les clients, stagiaires ou réponses à toutes sortes de demandes…
Bref, seule face à tout ça, je passe mon temps à sérier les urgences 😉

L’arrivée du printemps annonce des phases essentielles dans la vie de l’élevage : la tonte, pour délester les loulous de leur épaisse toison avant l’arrivée des fortes chaleurs, et bien sûr les premières naissances (prévues pour avril, donc très bientôt maintenant).

La tonte aura lieu début mai avec le tondeur spécialisé en alpagas Pascal Méheust, qui vient à KerLA depuis 2013. J’assurerai également, avant et après sa venue, la tonte de quelques alpagas. Si vous êtes curieux de découvrir ce moment important de la vie de l’élevage, n’hésitez pas à me contacter, les bonnes volontés et les coups de main sont toujours bienvenus 🙂

De gauche à droite au 1er plan : Qalypso, Hirondelle et Rea. Au fond : Pitchoune et Phantasia. Futures mamans du printemps…

Les crias seront comme d’habitude présentés, au fur et à mesure de leur arrivée, sur la page dédiée de ce site (naissance 2022), mais aussi sur ma page Facebook kerla-alpagas.
Les futures mamans, en attendant les heureux événements, se prélassent dans leur parc de maternité, sous mes fenêtres. Je les surveille plusieurs fois par heure, car même si la durée de gestation moyenne est de 11 mois 11 jours, des arrivées prématurées doivent toujours être envisagées, et dans ce cas il faut souvent des soins assidus pour assurer la survie du bébé.

 

Stage exceptionnel en avril !

Un stage exceptionnel est proposé en avril prochain aux passionnés d’alpagas qui souhaitent approfondir leurs connaissances sur les soins vétérinaires, le suivi sanitaire de leurs animaux, et découvrir l’intérêt de l’ostéopathie :
16 & 17 AVRIL 2022 : stage « SOINS AUX ALPAGAS »
organisé en collaboration avec l’AFLA (Association Française Lamas et Alpagas)
animé par Frederik VANDENBERGHE, vétérinaire-ostéopathe
qui suit l’élevage KerLA.

  • DATE : WE de Pâques (16 et 17 avril)
  • CONTENU : les conseils croisés d’un éleveur et d’un vétérinaire pour gérer au mieux la santé de vos alpagas (et lamas) :
    • alimentation, parasitisme, reproduction, problèmes courants et moins courants, cas particuliers à connaître, traitements spécifiques, importance de l’ostéopathie pour les alpagas…
    • études de cas
    • ateliers pratiques
    • vos questions
  • Nombre de participants : 10/12
  • TARIF 2 jours : adhérents AFLA : 180€  / non adhérents AFLA : 200€
  • HORAIRES : 10h-17h00
  • PUBLIC : passionnés / propriétaires / éleveurs / soigneurs animaliers et vétérinaires.
  • Me contacter pour infos et pour recevoir la fiche d’inscription

Bonne année 2022

En espérant que 2022 apportera plus de positif et d’espoir dans ce monde qui sombre dans la folie, les excès en tous genres et la destruction accélérée de la planète.
On peut toujours rêver…

 

Bilan 2021

Au rythme où je complète les actualités de ce Blog depuis quelques mois, cet article risque fort d’être le dernier de 2021 ! Alors j’en profite pour un petit bilan pêle-mêle de cette année en demi-teinte et bien compliquée…

Le contexte général, pas la peine que je le décrive, tout le monde est dans le même bateau de cette folie Covid et d’un monde qui change à vitesse grand V, avec une société dont l’évolution me semble à la fois fascinante et effrayante. Plus que jamais je suis contente de mener cette vie isolée au fond de mon coin de campagne, loin, très loin de l’agitation ambiante, mais où Internet me permet évidemment de ne pas perdre le fil des événements.

Au niveau de l’élevage, l’année a été usante physiquement et moralement, avec une succession de problèmes incompréhensibles autour des mise-bas : torsions utérines à répétition, dystocies, crias au biberon… Je n’ai jamais vu une telle accumulation de coups du sort en 10 ans d’élevage ! Heureusement l’expérience acquise m’a permis de contrarier ce sort plus d’une fois cette saison, mais j’ose espérer que la loi des séries est satisfaite de s’être déchaînée sur ma petite ferme, d’avoir éprouvé ma résistance, et me laissera plus tranquille à l’avenir, car je ne me sens plus la force de revivre une année pareille 🙁

Sur un plan positif, cette saison semée d’embûches m’a aussi offert de magnifiques crias très prometteurs, mâles et femelles à égalité 🙂 

Et cette année a été plus riche que jamais de rencontres passionnantes, avec les clients venus m’acheter des animaux, ainsi qu’avec les participants aux stages que j’ai proposés tout au long de l’année (stages qui ont quasiment tous affiché complet, et où sans exception l’ambiance de travail a été conviviale et sympathique) !

Ces rencontres sont importantes pour moi, car elles rompent mon isolement géographique et social, et la plupart du temps je garde d’excellents contacts, voire des liens amicaux, avec clients et stagiaires. Je reste à disposition permanente pour le suivi des animaux, et pour les questions qui peuvent venir après les stages, notamment sur les techniques de travail de la laine. J’adore recevoir des nouvelles des animaux vendus, des photos des réalisations faites avec mes laines, des travaux de filages faits par mes anciens stagiaires, et bien sûr des activités professionnelles créées par les uns ou les autres suite aux formations faites chez moi (c’est une énorme satisfaction, vous vous en doutez).

Hélas, comme ça arrive à tous les éleveurs, certains acheteurs (rares, heureusement) ne me voient que comme une source d’infos open bar permanente et gratuite : ces clients-là ne font surtout pas mention de l’éleveur de leurs animaux sur les réseaux et du suivi que je leur apporte, ne font pas l’effort d’un avis sur leur expérience auprès de moi, mais en revanche ils n’hésitent pas à abuser de la situation par des exigences d’infos et de conseils bien au-delà du suivi des animaux acquis … Parfois il faut mettre le holà et faire comprendre que la disponibilité a des limites, et là c’est mal perçu, je deviens la méchante 🙁

Je m’efforce pourtant d’être disponible 24h/24 pour toute demande urgente concernant les animaux, même s’ils ne viennent pas de chez moi, c’est déjà beaucoup de temps offert chaque semaine. Je participe aussi activement aux forums spécialisés.

Mais est-ce difficile à comprendre qu’être éleveur professionnel et publier beaucoup d’infos sur mon site ne signifie pas que je suis pour autant à disposition de chacun pour la moindre demande ayant plus ou moins trait aux petits camélidés ou au travail de la laine ? Je dois me préserver, et de plus en plus, car à mesure que les années passent la fatigue s’installe… Je suis seule sur la ferme pour assurer toutes les tâches de A à Z, et je consacre beaucoup de temps et d’énergie à acquérir et compléter ces connaissances professionnelles qu’on me demande ensuite d’offrir sur un plateau indifféremment par téléphone, par mail, par SMS, par Messenger… C’est frustrant et usant d’être sollicitée pour répondre à de longues listes de questions, par écrit ou par téléphone, soumises par des inconnus parfois à peine polis dans leur demande, ou pour répondre à des questions basiques qu’une simple recherche sur Google aurait élucidée, et dont les réponses sont souvent déjà sur mon site…

C’est pourquoi j’envisage (sur les conseils avisés d’amis et de proches), de proposer bientôt un service de conseils payants, par téléphone ou en visio, selon les besoins. Cela me permettra de prendre le temps nécessaire pour répondre de manière détaillée aux questions relatives à l’élevage d’alpagas ou au travail de la laine (sauf bien sûr celles relevant du suivi ds animaux vendus, d’urgences, ou d’échanges de compétences entre éleveurs pro).

Après tout, quand j’ai besoin d’aide en informatique, je souscris à un forfait de formation auprès d’un entrepreneur en conseil à distance : je paie son temps de travail et ses compétences, et c’est tout à fait normal ! Pourquoi devrais-je offrir (souvent sans remerciement en retour) mes propres connaissances professionnelles parfois si chèrement acquises ?

 

 

Été indien

Chaque année je me dis qu’à l’automne, une fois les naissances terminées, j’aurai davantage de temps pour me consacrer aux travaux d’entretien de la ferme, au travail de la laine, aux déplacements que je reporte sans cesse…

Et puis chaque année à l’automne, le temps disponible semble se réduire, à l’aune de la durée du jour…

ROSÉE et son adorable THALIE, dernier cria de l’année

Plus de naissances pour cette année, certes (la dernière a eu lieu mi-octobre, ma belle Rosée a tenu à me faire patienter avant de me laisser découvrir l’adorable petite femelle blanche qu’elle concoctait), mais une multitude de travaux tous plus urgents les uns que les autres, en particulier sur les clôtures : 10 ans, c’est la moyenne de durée vie des piquets dans dans ce sol argileux… Et comme la plus grande partie des clôtures ont été posées à l’installation, tout se trouve à refaire en même temps.

Donc depuis 2 ans, ma priorité à l’automne et au printemps est de reprendre les clôtures, parc après parc. Sans main d’oeuvre et sans gros matériel, avec juste une cloche pour enfoncer les nouveaux piquets, autant dire que c’est un travail de longue haleine et épuisant. Mais je n’ai pas le choix.

Et comme chaque automne aussi, avec les accès de mauvais temps, des problèmes ou des insuffisances se révèlent au niveau des abris et des bâtiments : courants d’air, protection insuffisante, infiltration d’eau quand il pleut fortement… Il faut y remédier au cas par cas, pour le confort des animaux… Je sais ce que seront mes travaux hivernaux cette année ! Moi qui espérais pouvoir enfin me consacrer à des améliorations à l’intérieur de la maison, ce sera encore reporté 🙁  Je viens de passer le week-end dernier à remanier les pignons de l’écurie des filles, profitant de ce qu’il n’y avait pas de stage.

Car cette automne est aussi ponctuée par un nombre inhabituel de stages de 1 ou 2 jours : rattrapage des stages reportés par le COVID en 2020 et début 2021, mais aussi forte demande, aussi bien pour les stages de découverte des alpagas que pour les stages laine. Bien sûr je ne vais pas m’en plaindre : j’adore ces week-end d’échange et de convivialité, occasion de rencontres étonnantes et passionnantes. Ces journées de stage finissent souvent bien au-delà des horaires établis, et en conséquence je dois assurer les soins aux animaux très tôt et très tard dans la journée, et j’ai aussi un gros travail de nettoyage des écuries les lundis après les stages. C’est un rythme épuisant, mais tant que physiquement et moralement je m’en sens capable, je continue.

Et pour terminer avec les animaux, puisqu’ils sont le coeur de l’activité, sa raison d’être et aussi ma raison de vivre, il me fallait cet automne décider des alpagas à proposer à la vente. Des décisions toujours très difficiles à prendre. Si je le pouvais, je ne vendrais aucun d’entre eux, je le répète souvent. Mais je suis éleveur, j’ai des charges à payer, je dois vivre de mon activité… Je ne fais naître qu’un nombre d’animaux correspondant aux besoins de mon activité, je ne cherche surtout pas à multiplier les naissances, à produire inutilement et à vendre pour vendre, et par bonheur je travaille avec une clientèle qui s’informe, prend très au sérieux la qualité de vie à apporter aux alpagas, et mes loulous sont bien partout où ils vont, c’est essentiel pour moi.

Les partants de cette fin d’année sont les jeunes mâles que j’ai fait castrer à l’automne, tous à destination loisir dans de très bonnes maisons (en Vendée et en Aveyron), et des jeunes femelles qui partent rejoindre un élevage dans l’Allier. Pour les autres, on attendra le printemps 🙂

SAXO de la Montagne, né en juillet 2019, fils d’ARTEMIS du Fontenelle : un jeune entier très prometteur

Et je n’oublie pas de présenter le petit nouveau dans l’élevage, une arrivée imprévue liée à un concours de circonstances, mais tout à fait bienvenue : le magnifique Saxo de la Montagne, mâle de 2 ans 1/2 aux origines excellentes (fils du triple suprême champion Artémis du Fontenelle), qui je l’espère pourra commencer sa carrière de reproducteur au printemps 2022 🙂

 

Déjà l’automne…

Comme toujours le temps file trop vite, mon dernier post date déjà de 5 semaines et l’été s’est envolé dans la pluie et la tempête de ces derniers jours… Difficile de tenir le site à jour avec les travaux qui m’accaparent sur la ferme, je n’en vois jamais le bout !

TAZZ, le bébé de Reine, né à 10 mois 1/2 : une minuscule crevette de 4,1kg !

Les naissances sont presque terminées, je n’attends plus que Rosée qui s’offre le plaisir d’une gestation de longueur classique, alors que Tazz, le cria de Reine dont la gestation a pourtant débuté le même jour que Rosée, a fêté hier ses 15 jours ! Mais ce petit bonhomme était très prématuré et sa survie n’était pas assurée pendant les 2 premiers jours. Alors à tout prendre je préfère patienter et avoir un cria à terme et d’un poids viable, il y a déjà suffisamment de soucis potentiels autour des mise-bas. Surtout cette année !

L’automne, ce sont aussi les stages qui reprennent : stages de découverte de la laine, et stages sur les alpagas. Toujours de très bon moments 🙂 Je retrouve le plaisir de transmettre (eh oui, 25 ans d’enseignement, ça laisse des traces…), et j’ai la chance, depuis 6 années que je propose ces formations sur la ferme, de n’avoir reçu que des personnes motivées et sympas, d’avoir vécu de belles expériences et même d’avoir lié des amitiés !

Le dernier week-end de septembre, par exemple, chouette stage de deux jours sur les alpagas (découverte et approfondissement), avec 7 participants. La météo capricieuse a juste impliqué quelques changements dans l’ordre du programme pour passer entre les gouttes pour les activités en extérieur.

Je place la plupart de mes stages en début de printemps et à l’automne afin de ne pas trop empiéter sur la saison des naissances, car il est compliqué de consacrer des journées entières aux stagiaires quand les mamans et les bébés demandent une attention accrue. Étant seule sur la ferme, je ne peux être partout en même temps et je dois donc privilégier les activités d’élevage entre fin avril et mi-septembre. Raison pour laquelle aussi je ne fais quasiment plus de visites de simple découverte de la ferme, car les demandes sont concentrées sur la période où il m’est difficile d’être disponible, et c’est très chronophage.

Mais c’est parfois difficile de faire accepter ces contraintes aux personnes qui souhaitent visiter, de leur faire comprendre que je tiens un élevage et non un zoo ou un parc d’attraction pour les enfants… Il m’arrive même parfois de me faire agresser verbalement parce que je ne peux faire visiter mon élevage à la demande ! Drôle de monde quand même 🙁