MÂLES REPRODUCTEURS

LES MÂLES REPRODUCTEURS de KerLA

Le choix des reproducteurs est essentiel pour le développement d’un élevage.
Comme je travaille en troupeau fermé pour les femelles, j’ai fait le choix d’amener le sang nouveau par les mâles,
et d’avoir une large palette de mâles reproducteurs pour garantir la variété génétique
et développer des lignées que j’affectionne.
Cependant depuis fin 2024 je réduis l’élevage, avec une cessation d’activité projetée pour 2029 ou 2030 :
j’ai déjà fortement diminué le cheptel de femelles,
je me sépare en 2026 de plusieurs de mes bons reproducteurs,
et désormais la plupart de mes jeunes seront à la vente après leurs 12 mois et peuvent être réservés.
N’hésitez pas à me contacter pour tout renseignement

Chaque mâle reproducteur qui officie actuellement à KerLA ou qui a été vendu récemment est présenté sur une page individuelle, avec sa génétique et ses analyses de fibre : cliquez sur son nom pour les détails       

Petit aperçu des mâles reproducteurs depuis 2012...

Mon tout premier reproducteur sur l’élevage a été Lightfoot MALDOONE, un beau mâle gris chilien x péruvien qui m’a permis d’initier la sélection de gris, et qui a apporté à sa descendance une fibre à la finesse durable dans le temps.

MALDOONE est décédé en novembre 2020, à l’âge de 18 ans : sa fibre de dernière tonte, l’année précédente, était restée en-dessous de 23 microns !

MALDOONE legende

Mon principal reproducteur à partir de 2015 a été le magnifique Godswell CANTABRIA, petit-fils du grand Inca Jack of Spades : caractère extra, belle morphologie carrée, fibre toujours aussi fine, brillante et toujours sans un poil blanc à l’âge de 10 ans !

Cantabria est parti en 2022 continuer sa carrière dans un autre élevage, mais son sang reste très présent dans la génétique de KerLA.

Pendant quelques années Vaux Hardys ZIZHOU et Vaux Hardys PATCH ont également apporté dans l’élevage leurs qualités respectives : finesse durable et densité pour les deux, et en outre, pour Patch, une structure de fibre exceptionnelle et une impressionnante douceur. Tous deux poursuivent désormais leur carrière ailleurs, mais je garde plusieurs de leurs descendants qui transmettront cette belle génétique.

En 2017, l’arrivée de Farrlacey SYLVESTER m’a permis d’ouvrir une porte sur la couleur appaloosa, pour élargir ma palette de toisons. Malgré sa qualité de fibre je l’ai peu utilisé, parce que je ne cherchais pas à travailler particulièrement sur cette couleur et je privilégiais donc mes autres mâles, c’est sans doute une erreur.
Il est parti sur un autre élevage, mais j’ai gardé son fils SHERKAN, né en 2020, à qui il a transmis sa couleur rare. J’ai tardé aussi à mettre Sherkan à la reproduction, il n’a fait ses premières saillies qu’à l’automne 2024, et les femelles gestantes de lui ayant quitté l’élevage au printemps 2025, il me faudra attendre encore un peu pour voir ses crias dans les prés !

SYLVESTER
SHERKAN

Ces dernières années, plusieurs mâles nés à KerLA m’ont offert de beaux crias avant de partir vers d’autres élevages :

MADEG de KerLA, né en 2014
NIAOULI de KerLA, né en 2015
ODIN de KerLA, né en 2016
PIXEL de KerLA, né en 2017

En 2019 et 2020, du sang nouveau a été apporté par le séjour à KerLA de deux mâles : 

  • GUIMLI du Rompay, beau mâle blanc
  • Snowmass ROYAL STARZ, splendide reproducteur marron importé des USA, ayant fait partie de la « show string » du célèbre l’élevage Snowmass : il apporte une morphologie moderne, un super caractère, et surtout une fibre d’exception, dense, à la finesse très durable.
    Il m’a donné plusieurs filles, mais un seul cria mâle (hélas les aléas d’une année 2020 difficile m’ont fait perdre ses 2 autres crias mâles juste après la naissance, l’un d’une malformation congénitale rare, l’autre de déficit du transfert passif).
    Mais son fils est exceptionnel : c’est mon magnifique SULTAN, champion fauve à Brive 2024, papa de superbes crias.
GUIMLI du Rompay
Snowmass ROYAL STARZ

La fin d’année 2019 a aussi vu l’arrivée d’un nouvel étalon dans l’élevage : Godswell Silverstream JJ, fauve, né en 2012, fils du très réputé Godswell MONTY, qui apporte sa génétique et son superbe qualité de fibre.

Un mâle hélas arrivé en mauvais état physique et psychologique : il lui a fallu, dès son arrivée, de sérieux soins ostéo. Bien que ses traumatismes physiques aient été irrémédiables (cervicales hautes sévèrement arthrosées, probablement suite à une blessure), il a exercé avec enthousiasme et efficacité sa fonction de reproducteur dans l’élevage.
C’était toujours le mâle « de dernier recours » pour persuader en douceur une jeune femelle apeurée d’accepter la saillie.
Il m’a offert de très beaux crias, dont plusieurs magnifiques femelles grises. 
Hélas mon beau JJ a rejoint les vertes prairies en janvier 2025, alors qu’il n’avait que 13 ans, rattrapé par ses soucis de santé.

En 2020 et 2021, plusieurs jeunes mâles ont également débuté comme étalons sur l’élevage, apportant une belle variété de sang, de modèles, de couleurs et de qualités particulières pour les croisements :

  • mon adorable gris PANACHE de KerLA (parti rejoindre un autre élevage début 2023)
  • l’élégant Meon Valley CARROUGES, (rebaptisé COURRÈGES), petit-fils de Snowmass Incan King.
    Il a rejoint un autre élevage, mais j’ai gardé son fils Titan sur l’élevage.
  • deux fils de Snowmass ROYAL STARZ : AlpacaArte ROYAL STORM, à la couleur très particulière (vendu en 2022), et mon gros nounours fauve AlpacaArte ROYAL PROPHET, qui ne quittera certainement jamais la maison !

Présent à KerLA pour 2 saisons (en 2021 et début 2022), le magnifique CERBÈRE du Fontenelle a laissé sa marque dans les crias nés en 2022 et 2023.
Ce mâle d’exception, suprême champion à Mâcon en 2014, a amené densité, crimp et finesse, sans parler d’un caractère en or.
Ses deux fils VULCAIN et ARES, tellement semblables à leur père tous les deux, se sont disputés l’honneur de rester à KerLA comme reproducteurs !
VULCAIN, plus âgé d’un an, est finalement parti en début d’année 2025 dans un autre élevage, et ARES de KerLA attend de faire ses premières armes ici.

CERBERE du Fontenelle

En 2022, ce sont plusieurs jeunes mâles qui ont fait leurs premières armes avec ces dames, m’amenant une belle variété de génétiques pour la suite : Meon Valley TORNADO, QAZAN de KerLA, REFLET de KerLA et RAHAN de KerLA
Seul QAZAN est resté sur l’élevage, j’ai un grand attachement pour ce mâle qui n’a cessé de se bonifier avec les années et qui m’offre de très beaux crias.

AlpacaArte TORNADO
QAZAN de KerLA
REFLET de KerLA
RAHAN de KerLA

En 2023, pour les saillies d’automne, deux jeunes mâles nés à KerLA ont à leur tour fait leurs premières armes avec succès :
– le très attendu SULTAN de KerLA, qui a très vite compris ce qu’il devait faire, malgré son caractère timide voire un peu timoré
l’inattendu TRISKELL de KerLA, qui a réussi sa première saillie à seulement 2 ans et 2 mois (je n’avais pas prévu de le faire saillir dès cette année, mais il était tellement pénible avec ses copains pendant la période des saillies que je l’ai amené voir les filles juste pour le calmer !)

SULTAN de KerLA - premières saillies à l'automne 2023
TRISKELL de KerLA, premières saillies à l'automne 2023

Et pour apporter un peu de diversité génétique et une lignée grise extérieure à l’élevage, j’ai opté pour un échange de saillies avec un autre élevage : le beau CHAMPION de la Charnie, fils du renommé Reddingvale WATERLOO SUNSET  est venu passer quelques semaines à KerLA en octobre 2023… Deux crias sont nés de son séjour ici, portés par mes belles femelles marron moyen THÉMYS et KOKINE : deux mâles marron (j’espérais bien sûr du gris), jolis, avec un belle fibre fine, mais sans grand intérêt pour la reproduction (les 2 ont d’ailleurs été castrés pour le loisir). Grosse déception donc, mais c’est la loi de l’élevage.

CHAMPION de la Charnie

Autre grosse déception avec l’achat d’un jeune mâle de 1 an, en juin 2023, théoriquement très prometteur..
Je mets pourtant les futurs éleveurs en garde, lors de mes stages, sur les risques d’acheter un reproducteur trop jeune, mais je me suis fait avoir par excès de confiance (j’ai pris une bonne leçon !).
Lors de ma participation au concours de Brive en avril 2023, j’avais croisé la route du petit SAMMY de la Belle Promenade, fils de Flanders Icon, placé 2e des mâles junior blanc juste devant mon petit VULCAIN… Comme je voulais rentrer du sang nouveau en blanc, j’ai acquis SAMMY en juin 2023, tout juste âgé de 1 an, sans le revoir, confiante dans le jugement du concours, dans sa génétique et surtout dans les dires de l’éleveuse 🙁
Hélas ce petit bonhomme, adorable au demeurant, montrait, la tonte faite, des défauts d’aplomb inquiétants, mais comme une imbécile je me suis laissée convaincre que c’était juste dû à une naissance difficile, que ce n’était pas génétique (même si les multiples séances ostéo que j’ai fait effectué sur Sammy la première année ici n’ont guère amélioré la situation)… 
De toutes façons les tentatives de saillies de 2025 et du printemps 2026 ont toutes échoué ! Et comme on est dans le doute (peut-être en effet que c’est la malchance et que ce n’est pas génétique, mais impossible d’en être certain), il est préférable d’écarter de la repro un mâle aux défauts évidents, pour ne pas risquer de les transmettre.
J’ai décidé de castrer ce petit bonhomme, qui sera d’ailleurs extra en loisir, il est adorable.
Mais forcément je perds au passage beaucoup d’argent, et silence radio de l’éleveuse, malgré plusieurs messages de ma part ! On est correct ou on ne l’est pas, dans ce milieu…

SAMMY et VULCAIN - Brive 2023
SAMMY 2025

En 2024 j’ai cassé la tirelire pour acquérir ces deux superbes nouveaux mâles aux couleurs originales : Kilim des Prés du Marsault le gris, reproducteur confirmé et triple champion gris (donc une valeur sûre) et Bywan de la Suavidad le bicolore, de très belle lignée et porteur d’une couleur que je recherchais depuis longtemps sur un mâle de qualité… 
Tout un programme pour la suite de l’élevage.
Le beau Kilim n’a pas manqué de me donner de superbes crias dès 2025, et sa qualité de fibre exceptionnelle (il n’a pas eu 4 titres de champion gris pour rien !) est bien transmise, ainsi que sa belle morphologie aux aplombs impeccables et à la stature altière. Je suis ravie.
Petit Bywan étant plus jeune a juste commencé à saillir avec succès au printemps 2025, son premier cria, né chez un de mes clients en mars 2026, est son portrait craché !

Mais ma décision de réduire fortement l’élevage est venue peu après ces acquisitions, et pour le coup garder ces deux mâles devenait un non-sens : Kilim parce que sa lignée (via sa demi-soeur Hirondelle acquise en 2016) est déjà très présente dans l’élevage (et j’ai eu 5 crias de lui en 2025, et d’autres à venir) ; et Bywan parce que je me reconcentre sur le gris, donc je ne vais guère le faire travailler (près de la moitié de mes femelles restantes sont grises, or le blanc sur gris est trop risqué (cria blanc aux yeux bleus), et en outre j’ai déjà sa lignée (Bozedown Sensation) dans mes femelles.
Tous deux ont donc été mis en vente au printemps 2026 : Bywan vient de rejoindre, en mai, son nouvel élevage, mais j’ai finalement décidé que Kilim resterait ici, après son 4e titre de champion gris (concours de St Paulien) et parce que j’y suis très attachée, son caractère me fascine.

L’ironie veut pourtant que fin 2025, à la faveur d’une opportunité que je ne pouvais pas refuser, j’ai décidé de m’offrir un nouveau reproducteur ! Bizarre dans une phase de réduction de cheptel me direz-vous. Oui, je le reconnais. Mais je me trouvais réduite à tourner en rond et à jongler avec les lignées pour planifier les saillies à venir, cela parce que j’ai sélectionné les animaux à garder plus souvent par le coeur que par la logique d’élevage !
Alors devant cette situation, pour les 3 ou 4 années où je vais encore exercer mon métier d’éleveur, acquérir un dernier reproducteur d’une lignée totalement nouvelle s’est présenté comme une évidence, et
Old John X est arrivé en novembre dernier. Il a déjà des crias en route pour octobre 2026 !

KILIM des Prés du Marsault - gris né en 2018
BYWAN de la Suavidad - bicolore né en 2022
Old JOHN X - marron né en 2021

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Mai chargé

Après un mois d’avril consacré au sevrage et à l’éducation des jeunes, avec tous les week-end pris par concours ou stages, j’espérais naïvement pouvoir un peu souffler en mai…
Que nenni ! Car le joli mois de mai est en fait un des plus chargés de l’année sur l’élevage.

Mai débute chaque année avec les 2 jours 1/2 de tonte (merci à Pascal, super tondeur professionnel, fidèle à KerLA depuis la première tonte en 2013).
Ce sont toujours des journées intenses, surtout quand la météo se mêle de compliquer les choses en nous offrant chute brutale des températures, pluie, vent glacial et même orage.
Grâce à l’esprit d’initiative d’Aurélie (super stagiaire), la douzaine de toisons humides ont été mises à sécher illico, dans tous les lieux possibles (hangar, voitures), nous avons ainsi pu faire un pied de nez à la pluie !
Et en calfeutrant soigneusement les écuries, nous avons aussi pu faire un pied de nez au vicieux vent du nord qui cherchait à s’infiltrer partout.
Mais quelles journées épuisantes, physiquement comme nerveusement !

Ensuite, sur une dizaine de jours, ce fut le départ des alpagas vendus : au printemps, aucun alpaga ne quitte l’élevage avant d’être tondu (sauf si le nouveau propriétaire a déjà des alpagas et une tonte planifiée). Et encore : si la saison est trop avancée et qu’il fait chaud, la tonte est indispensable avant le voyage, car le risque de stress de chaleur est très élevé avec le changement de lieu et de mode de vie.
Au passage j’en profite pour pousser un coup de gueule contre les pseudo-éleveurs sans éthique qui, entre autres stupidités, vendent au printemps des animaux non tondus et laissent leurs acheteurs se démerder pour trouver un tondeur en urgence (ce qui est très difficile). C’est une honte.
La palme revient à ce salopard qui a livré fin avril 2 alpagas mâles non tondus à un néophyte, alors qu’il venait de faire tondre son troupeau mais n’allait pas dépenser le prix de la tonte pour les deux qui partaient ! 
Ce type d’éleveur sans conscience, hélas de plus en plus répandu, est à vomir.

Plusieurs alpagas de KerLA sont donc partis vers leur nouvelle vie courant mai :
– mes 5 mousquetaires (mon groupe d’adorables mâles castrés, nés à l’automne 2024), merveilleusement accueillis au Portugal par Andreia et sa petite famille
– 2 de mes mâles reproducteurs (Bywan et Triskell), partis dans leur maisons respectives
– mes 3 belles femelles (dont 2 gestantes) qui ont traversé la France pour aller constituer le noyau de démarrage d’un nouvel élevage.
C’est une satisfaction pour tout éleveur de voir ses animaux partir dans de bonnes structures, que ce soit pour le loisir ou pour développer des élevages, mais chaque départ reste toujours aussi difficile à vivre.

Et puis mai, ce sont aussi les naissances qui continuent. Cette année j’ai eu une première série en mars (avec 3 superbes crias, mais aussi des soucis, comme il se doit), et, après la pause d’avril, la 2e série de naissances en mai.
Oh, tout a bien commencé, avec l’arrivée sans soucis de 2 magnifiques crias gris (oui, enfin du gris cette année), nés à 2 jours d’intervalle : le craquant Déluge, fils de Zarina et Qazan (rebaptisé Dandy à cause de son élégant noeud papillon en haut du cou), et la magnifique Diva, fille de ma chouchoute Siska et de Kilim des Prés du Marsault.

Et puis ce fut le tour de ma belle Rhapsodie d’arriver à terme, et là tout s’est enrayé. Dès le début, à son comportement, j’ai compris que ça s’annonçait mal. Trois vétos différents sont venus – bien entendu sur jours fériés, horaires de garde, ou en pleine nuit – : torsion à gauche (corrigée), puis torsion à droite (corrigée), puis efforts pour pousser mais pas de col ouvert (donc pas de césarienne à ce stade pour le véto – hélas.
Quand la mise-bas s’est enfin déclenchée, mardi 19 mai, j’avais la tête du cria sous les doigts et le bout de ses pattes, le col était bien ouvert, mais impossible de faire avancer le bébé dans le canal, des sensations inhabituelles de tissu sous les doigts. Donc véto de nouveau (toujours sur horaires de garde), et une longue bataille vaine pour essayer de sortir le cria par voie naturelle, avant de recourir à la césarienne d’urgence…
Le miracle fut de sortir le cria vivant : une magnifique femelle gris-rose (je n’y croyais pas).
La maman a mis longtemps à récupérer de la césarienne, mais en soirée elle semblait vraiment mieux, interagissait avec son cria, et quand vers 23h j’ai vu qu’elle expulsait le placenta, je me suis réjouie, car souvent avec une césarienne il faut davantage de temps.
Mais le soulagement fut de courte durée : avec le placenta, la matrice est sortie, sous mes yeux… Le temps de l’envelopper dans une serviette humide pour la préserver, et j’appelais le véto pour la 5e fois… En pleine nuit. Péridurale. Remise en place.
La fin des ennuis ?
Au petit matin le mercredi, Rhapsodie s’est relevée, la petite a commencé à chercher la mamelle. De belles photos encourageantes. Le soulagement, enfin.
Sauf qu’en fin de matinée, Rhapsodie, sortie avec son cria dans le petit parc près de la maternité, au soleil, s’est soudain affaissée de l’arrière-train, et s’est effondrée, incapable d’utiliser ses pattes arrière pour se relever. On a pensé à une inflammation au point d’injection de la péridurale, donc injection de cortisone. Et en effet en soirée, Rhapsodie réussissait à se relever de temps en temps pour se nourrir, se soulager, et allaiter sa petite.
Re-véto jeudi matin pour tout vérifier. Verdict de l’examen : la paralysie n’est pas due à une inflammation au niveau de la péridurale, c’est un ligament, sans doute été lésé au cours des tentatives d’extraction du cria, qui a lâché. Ostéo, acupuncture, massages…
Ce jour-là ma courageuse Rhapsodie a réussi à suivre les copines dans le pré (et à rentrer avec elles le soir), passant la journée à grignoter de l’herbe au soleil ou couchée à l’ombre, nourrissant bien sa petite. Nouvelle grande vague d’espoir.
Le vendredi matin, nouvelle séance véto, douche, départ au pré. Elle marchait mieux, cicatrice en état, rien d’inquiétant hormis son problème de ligament.
Mais inquiétude croissante, car elle avait boudé sa ration du soir, et ne s’alimentait plus, que ce soit grains, herbes ou foin. Et au cours de la journée, elle a commencé à se plaindre, à chercher des positions antalgiques pour se coucher, à se lever de nouveau avec grande difficulté, le postérieur droit inutilisable. Grosse angoisse. J’ai réussi à la faire rentrer, j’ai tenté de la soulager avec un anti-douleur, mais au fil des heures sa détresse augmentait, et je trouvais son ventre de plus en plus gonflé.
Alors de nouveau véto, à 19h. 8e visite. La dernière.
Décision d’anesthésier pour pouvoir réouvrir sans douleur la cicatrice de la césarienne et chercher la cause des symptômes de souffrances.
Et hélas très vite, prise de conscience de l’horreur de la situation : péritonite avancée. Rien à faire, sinon soulager ses souffrances.
Ma douce Rhapsodie a donc été euthanasiée pendant son sommeil.
Et autopsie pour comprendre. L’examen de l’utérus a révélé la cause improbable de toute la cascade d’événements : une torsion de la corne utérine sur elle-même, cas rarissime, et insolvable. Seule une césarienne d’urgence dès les premiers symptômes aurait (peut-être) pu sauver Rhapsodie. Mais encore fallait-il pouvoir poser le diagnostic dès le départ, d’autant que des torsions classiques (une corne sur l’autre) s’étaient surajoutées.
Ce drame m’a, une fois encore, beaucoup appris, avec une situation jamais rencontrée – et pour cause, c’est rarissime. J’ai compris, avec le recul, la raison de mes ressentis étranges au cours des fouilles faites pour évaluer la situation (trop compliqué à expliquer ici) : si par malheur une telle situation se représentait, je comprendrais très vite ce qui se passe, et je n’hésiterais pas à demander la césarienne. Mais il a fallu que ma belle Rhapsodie donne sa vie pour cela. Et comme un triste sort me joue bien des tours ici, en multipliant les situations « jamais vues », je devine qu’hélas une prochaine fois ce sera encore autre chose…
Et ce que je retiens surtout, c’est que j’ai hélas perdu une de mes meilleures femelles, belle, calme, gentille et si bonne maman. C’est le côté noir de cette activité, qui me donne si souvent envie de tout abandonner. Et là j’avoue que j’ai subi un véritable coup de massue, j’ai été off pendant plus de 10 jours, à 2 doigts de tout arrêter.
Mais j’ai le bébé de Rhapsodie a faire grandir maintenant : la jolie Demeter dépend de moi, avec son biberon toutes les 2h, et je dois assurer pour elle, et pour les autres, et pour les naissances à venir…

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