Carder ou peigner pour préparer la fibre
La fibre d’alpaga triée est en général filée sans lavage, au fuseau ou au rouet.
On peut certes filer « en toison », c’est-à-dire sans aucune préparation après le tri. Mais pour faciliter le filage, surtout pour un débutant, et pour avoir un fil plus régulier, la fibre doit être disciplinée par deux ou trois passages successifs entre des cardes ou des peignes
Étape préalable indispensable, l’écharpillage consiste à démêler et ouvrir soigneusement les fibres, boucle par boucle. On le réalise en principe en grande partie lors du tri, cela fait gagner du temps au moment du cardage.
Pour les laines grossières dont les fibres sont difficiles à ouvrir (notamment le mouton un peu âgé), ou pour les fibres destinées au feutre, on peut utiliser une bonne vieille cardeuse à balancier (ci-contre), utilisée autrefois pour carder la laine à matelas – on parle alors de pré-cardage.
CARDAGE ou PEIGNAGE ?
Le choix de la technique dépend du type de fibre et de l’objectif final :
– le peignage est privilégié pour les fibres longues, comme celles de l’alpaga suri, car il met en valeur leur brillance en les alignant parfaitement. Le fil obtenu est très lisse, plus solide car réalisé avec des fibres de longueur identique, mais il est aussi plus coûteux car le travail avec des peignes à main est très chronophage : en réalité seules de rares fileuses d’art l’utilisent encore pour produire des fils à titre commercial.
– le cardage est la technique la plus couramment utilisée en atelier artisanal, car elle est beaucoup plus rapide que le peignage. Elle concerne les fibres jusqu’à 15cm. Le cardage permet d’aligner plus ou moins les fibres. Il peut se faire à l’ancienne, avec des cardes à main, ou avec une cardeuse à rouleaux.
Le cardage traditionnel se fait avec des cardes à main, plates à l’origine, incurvées maintenant pour le travail des fibres délicates.
On fait passer la fibre d’une carde à l’autre en étirant à chaque fois. Le petit rolag obtenu ne pèse que 4 ou 5 grammes, il faut en stocker une certaine quantité avant de s’attaquer au filage !
La cardeuse à rouleaux permet de gagner beaucoup de temps (et plus encore si elle est électrique, mais c’est encore peu répandu).
Elle est composée de 2 tambours, un petit et un grand, qui tournent en sens opposé. La fibre est présentée devant le petit, qui la dispatche sur le 2e en l’étirant, pour former une nappe que l’on peut repasser une ou deux fois dans la cardeuse pour mieux aligner les fibres.
Le poids et la dimension de la nappe dépend de la largeur du tambour de la cardeuse (les modèles les plus courants vont de 10 à 30cm) ) et aussi de la profondeur et de la densité des dents.
La nappe peut être divisée en bandes que l’on enroule sur elles-mêmes (les rolls), ou mise en ruban prêt à filer à l’aide d’un diz.
Rubans ou rolls faits à partir d’une nappe sont en général filés dans le sens de la fibre, à la différence du rolag fait à la carde à main, qui se file perpendiculairement au sens de la fibre.
Pour tous ceux qui vivent de la terre et de l’élevage, tout est suspendu aux caprices de cette fichue météo en folie : nos activités, la santé de nos animaux, nos stocks de fourrage, nos plantations… Bref, notre vie.