NOTIONS D’ÉLEVAGE

NOTIONS D'ÉLEVAGE

Quelle que soit l’espèce, détenir un animal ne s’improvise pas – et encore moins se lancer dans l’élevage. Il est nécessaire de s’informer et de se former pour assurer le bien-être et la bonne santé des animaux.
Pour les alpagas et lamas, ce besoin d’information est accru. Bien que domestiqués depuis plus de 4000 ans sur les hauts plateaux andins, ils n’ont essaimé dans le reste du monde que très récemment et ont conservé beaucoup de particularités comportementales et physiologiques liées à leur milieu d’origine, et hélas encore mal connues.

Pour une première approche, je vous propose quelques réponses simples sur la page suivante :
                      Questions fréquentes

Si vous souhaitez approfondir, j’ai conçu pour vous informer des rubriques thématiques, complétées et remaniées régulièrement au fil des années (cliquez sur le titre) :

Les stages de découvertes ou de formations approfondies que proposent les éleveurs et/ou les associations de petits camélidés permettent d’acquérir les notions indispensables au bien-être des animaux.
Je ne peux que vous inviter à vous rapprocher des associations, et notamment l’AFLA (Association Française des Lamas et Alpagas) – site : lamas-alpagas.org.

La lecture permet aussi de découvrir à votre rythme des informations passionnantes sur les petits camélidés :

* En langue française, la « bible » indispensable est le manuel de Christiane et Bernard Giudicelli (et seul livre en français à l’heure actuelle) : « Lamas et alpagas – Les connaître, les élever » Christiane et Bernard GIUDICELLI (disponible sur le site A.L.P.E.S.)

* En langue anglaise, la documentation sérieuse abonde sur Internet, avec des publications de cliniques vétérinaires spécialisées, d’éleveurs chevronnés ou d’associations (comme le BAS anglais) ; des fiches administratives émanant des ministères de l’agriculture dans des pays où l’élevage des petits camélidés est beaucoup plus en avance que chez nous (Canada, USA, Australie, Nouvelle-Zélande…) ; et aussi des forums très intéressants.
Vous pouvez aussi enrichir votre bibliothèque avec nombre de livres sur l’élevage, l’éducation des alpagas, ou les soins vétérinaires (et notamment vous procurer l’un des 2 principaux manuel vétérinaires américains, très complets : le plus aisé à trouver est l’excellent Llama and Alpaca Care (photo ci-dessous). L’autre, Medecine and Surgery of Camelids – M.E. FOWLER , est quasiment introuvable dans sa dernière édition datant de 2010 (le fameux « livre orange »). Une 4e édition vient d’être publiée (avril 2022).

Articles récents

Départs

ATHÉNA et TOSCA

Vivre d’une activité d’élevage, c’est inévitablement accepter de voir partir vers d’autres lieux les animaux qu’ont a fait naître et qu’on a chouchoutés.

Ces dernières semaines, 2 femelles gestantes ont rejoint les pâtures bretonnes d’un éleveur, et 2 duos de jeunes mâles castrés ont été accueillis dans leurs nouvelles familles et leurs copains castrés déjà sur place.

Ces départs sont loin d’être faciles à vivre, mais avec de la rigueur et de la sélectivité face aux demandes, la plupart du temps ce sont de belles rencontres et des familles sérieuses (particuliers ou éleveurs) qui accueillent les loulous, et me donnent des nouvelles ensuite.

BALTIK et BELLINO

D’office j’écarte toutes les demandes d’animaux « pour faire un cadeau », sauf si le destinataire vient lui-même choisir et se former, ainsi que les demandes se résumant à la recherche d’une peluche à cajoler ou d’un jouet pour les enfants : l’image de l’alpaga peluche a hélas fait énormément de mal, et les « éleveurs » qui se montrent avec des crias dans les bras ou faisant de gros câlins n’y sont pas pour rien.

J’écarte aussi les demandes impolies, sèches, désagréables, les personnes qui prennent de haut mes questions légitimes sur les conditions d’accueil des animaux et sur leur connaissance des alpagas : non, avoir des moutons depuis 10 ans n’implique pas du tout la capacité à s’occuper correctement d’alpagas ! (je dirais même « au contraire », car appliquer aux alpagas les soins donnés aux moutons, c’est aller vers de gros soucis). Et non un alpaga qui vit seul avec un copain bouc ou bélier ne sera pas heureux. Et non, un mâle castré avec une femelle, ce n’est pas éthique (même si parfois « ça marche », le principe de précaution doit s’appliquer car la femelle peut en pâtir gravement).

J’écarte aussi toutes les demandes visant à acquérir des reproducteurs « pour s’amuser à faire naître ». Aux particuliers, je ne vends que des mâles castrés, ou, si le feeling est bon, des femelles écartées de la reproduction : pour ces dernières je suis très inquisitrice sur les objectifs de l’acheteur, car la stérilisation n’étant pas envisageable, il y a toujours le risque qu’on tente de les faire reproduire, c’est vrai. Mais une personne sérieuse comprend les risques et s’abstient.
Bizarrement c’est avec des éleveurs que j’ai eu les plus mauvaises expériences (je ne m’étendrai pas sur le sujet). C’est pourquoi à présent je vends les femelles de manière très sélective, et je castre quasiment tous mes mâles, même des très bons. L’expérience m’a hélas démontré que l’avenir d’un jeune mâle castré partant dans une bonne maison est beaucoup plus rose que celui d’un mâle vendu pour la reproduction qui passera de main en main, et hélas pas toujours dans de bonnes mains 🙁

D’ailleurs ce qui est amusant, c’est qu’auparavant, comme tous les éleveurs, j’espérais toujours voir naître plus de femelles que de mâles (normal, une femelle de qualité « rapportera plus »), mais désormais cela m’importe peu. A la limite je préfère même voir naître plus de mâles, qui castrés auront une vie sympa en groupe (si la maison est bien choisie) pour le loisir, la médiation, les balades…
Ainsi sur mes 12 crias mâles de 2024 (pour seulement 5 femelles), 1 seul n’a pas été castré : il reste ici comme futur reproducteur. Les autres sont partis ou vont bientôt partir pour le loisir.
Bien sûr économiquement c’est beaucoup moins « rentable » de faire ces choix, puisqu’un mâle castré, même très beau, est vendu moins de la moitié du prix qu’il pourrait atteindre s’il était proposé comme reproducteur. Mais cela me procure beaucoup plus de satisfactions.

En réalité, comme je l’ai écrit déjà à plusieurs endroits de mon site, faire naître pour vendre m’est de plus en plus difficile moralement. Je n’ai pas le choix pour le moment que de continuer – en réduisant progressivement -, car j’ai peu d’options de diversification sur ma ferme et je suis trop proche de la retraite maintenant pour repartir sur un nouveau projet.
Donc ne m’en voulez pas quand vous me contactez pour vous renseigner sur des animaux disponibles à la vente : je vous poserai des questions, je me montrerai plutôt exigeante sur les conditions d’accueil, et je me réserve le droit de refuser une vente, par souci de bien-être animal.

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