LE DUR MOMENT DU SEVRAGE

GÉRER LE SEVRAGE DES CRIAS

Les jeunes mâles 2018 au sevrage – Février 2019

Le sevrage imposé par l’éleveur est un moment important et naturellement traumatisant de la vie du cria. Il importe donc de le rendre aussi peu stressant que possible.

Au départ je sevrais souvent crias mâles et femelles ensemble dans un premier temps, puis je les séparais vers 8 mois. Mais désormais je fais des groupes par sexe, afin que la symbiose qui se crée au sevrage perdure par la suite.

Les mères sont simplement déplacées dans un autre parc à mesure que l’âge du sevrage arrive. Cet âge (6 mois au plus tôt) est variable suivant les animaux : parfois un cria restera un ou deux mois de plus avec sa mère, parce que je ne le sens pas prêt à la séparation. Très souvent à 6 mois la mère a déjà commencé à rejeter son cria et à l’empêcher de téter, donc la séparation est plus facilement acceptée par l’un comme par l’autre.

Groupe de crias 2014 au sevrage : enfermés dans l’écurie pour 3 jours.

Quand j’ai un nombre suffisant de jeunes sevrés (4 ou 5, pour former un groupe), je les enferme quelques jours à l’écurie, avec un paddock extérieur donnant sur la cour. Pendant cette semaine je passe beaucoup de temps avec eux (sans les manipuler, simplement leur apporter une présence rassurante, distribuer la nourriture, nettoyer, leur parler : un lien de confiance se crée et ils sont beaucoup plus faciles à éduquer ensuite).

Printemps 2015 – les jeunes mâles de 2014 à la longe

Après ces quelques jours les crias ont une brève séance quotidienne d’éducation au licol et à la marche en longe, puis vont passer la journée en pâture, et sont rentrés le soir.

Printemps 2017 – Odyssée et Olympe découvrent les sorties en longe.

Chaque groupe de jeunes, au bout de quelques semaines, rejoint les yearlings de l’année précédentes. Les jeunes femelles qui restent dans l’élevage ne retrouveront le groupe adulte que dans leur 2e année, pour ne pas risquer de renouer avec leur mère et de prendre le lait du nouveau cria (cela arrive fréquemment).

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Ouf, on respire

Difficile de ne pas avoir la météo comme fil rouge, elle est déterminante dans le quotidien d’un éleveur ! Chaque jour, et même 10 fois par jour, au cours de cet été hors norme, nous sommes nombreux à avoir consulté avec fièvre nos sites météo préférés (pour ma part Plein Champs et Keraunos), espérant très fort à chaque fois que les prévisions de canicule et de sécheresse continues allaient céder la place à des nouvelles plus encourageantes.Pour tous ceux qui vivent de la terre et de l’élevage, tout est suspendu aux caprices de cette fichue météo en folie : nos activités, la santé de nos animaux, nos stocks de fourrage, nos plantations… Bref, notre vie.
C’est souvent difficile à comprendre pour ceux qui, déconnectés de la Nature, qui se réjouissent haut et fort d’un été bien chaud, sec et ensoleillé, idéal pour leurs vacances, et traitent ceux qui se plaignent d’empêcheurs de profiter en rond… Ces mêmes personnes seront souvent les premières à se plaindre de la hausse du prix des produits agricoles et du coût des assurances 🙁

Ici, les orages du samedi 15 août ont ENFIN amené un peu de pluie, après plus de 2 mois sans eau. Ouf ! Les températures ont baissé, il y a eu quelques averses depuis, et cette fin août qui s’annonce humide laisse espérer un rebond de la Nature : déjà les sols terreux laissent entrevoir de fines pousses délicates. On caresse l’espoir d’une repousse pour l’automne, au moins dans certaines parcelles moins piétinées par les animaux, on serre très fort les doigts pour que les arbres assoiffés aux feuilles jaunies reprennent, que les pertes soient aussi minimes que possible. Voir périr des portions entières de haies patiemment plantées au fil des années, c’est un crève-coeur.

Et cette renaissance timide de la Nature correspond, à KerLA, à l’arrivée des naissances d’automne !  Mon petit groupe de futures mamans a supporté avec sérénité les journées caniculaires, je l’espère sans impact grave sur leur gestation, les ventres s’arrondissent, chacune se prépare à l’arrivée de son cria patiemment porté pendant plus de 11 mois. La vie reprend 🙂

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