Les aménagements

AMÉNAGEMENTS POUR BIEN ACCUEILLIR DES ALPAGAS

© Christel CHIPON - 2017 - Edité 07/2026

La tendance actuelle est de proclamer que les alpagas et lamas n’ont pas besoin d’abri et se contentent de clôtures approximatives. C’est tellement plus simple pour ferrer un acheteur !
Et tant qu’à faire, les maquignons présentent aussi ces animaux comme les plus faciles et les moins coûteux à gérer qui soient : un bout de pré, un peu d’herbe, trois brins de foin en hiver, fi des vaccins et vermifuges, voyons, ils viennent de milieux très rudes, ils n’ont pas besoin de tout ça !…
Oui ils sont originaires d’un milieu naturel bien particulier et rude (la cordillère des Andes) MAIS ils l’ont quitté depuis trop peu de décennies pour permettre une évolution de l’espèce suffisante : c’est donc à nous, détenteurs et éleveurs, de veiller à leur assurer bien-être et bonne santé dans des milieux de vie pour lesquels la nature ne les a pas conçus.

UN ABRI ? Oui, c'est INDISPENSABLE !

L’argument massue pour « prouver » l’inutilité de l’abri est toujours le même : « les miens n’y rentrent jamais, quel que soit le temps, DONC ils n’en ont pas besoin »  🙁

Pourtant le refus des petits camélidés de séjourner dans l’abri qui leur est offert n’est EN RIEN une preuve qu’ils n’en ont pas besoin !!! Si des propriétaires ou éleveurs constatent que leurs alpagas ne fréquentent pas l’abri mis à leur disposition, ils DOIVENT se remettre en question : c’est que quelque chose dans la conception de cet abri, son emplacement ou son utilisation (piège pour les soins, notamment) inquiète les animaux au point de leur faire préférer l’extérieur. Ils sont des animaux de proie : leur instinct de préservation, plus fort que dans les autres espèces domestiques, dicte ce comportement, quitte à mettre leur santé en péril.

Les alpagas (plus que les lamas) N’AIMENT PAS l’humidité, et ils la supportent mal, parce qu’ils ne sont pas conçus pour des climats humides, tout simplement. Leur toison ne contient pas de graisse : elle les protège parfaitement du froid sec, mais elle finit pas s’imprégner de la pluie, avec les risques de pneumonie qui en découlent si l’alpaga reste dehors non-stop sous des pluies continues. Un abri sans courant d’air est indispensable à leur confort et leur bonne santé, avec des râteliers, des mangeoires, une zone centrale qu’ils utiliseront comme toilettes et des zones de couchage sur les côtés.

S’ils se sentent en confiance dans leurs abris, les alpagas aiment s’y réfugier par mauvais temps ou par forte canicule, mais aussi ils y rentrent pour dormir le soir – hormis lors des très belles soirées estivales où ils apprécient les nuits à la belle étoile -, sans qu’il soit besoin d’aller les chercher et de y les enfermer. Les mâles comme les femelles !

Quelques point importants pour augmenter le confort et la confiance des animaux dans leur abri :

  • une surface adaptée au nombre d’animaux
  • une hauteur de plafond suffisante
  • une entrée large (d’autant plus large qu’il y a beaucoup d’animaux), et si possible au moins une 2e entrée pour les grands abris
  • un bon éclairage, avec des fenêtres, et la vue sur l’extérieur
  • un sol non glissant, une zone de couchage propre (la zone centrale de l’abri étant presque toujours consacrée aux toilettes, il importe de nettoyer régulièrement la litière pour que cette zone ne s’étale pas).
  • pas d’accès inopportun de curieux ou de chiens, pas de voisinage bruyant à proximité immédiate de l’abri

LA SURFACE NÉCESSAIRE et LA DISTRIBUTION DE L'ESPACE

La surface minimale pour détenir des alpagas donne lieu à beaucoup de discussions, mais il n’y a pas de réponse standard, puisque tout dépend de la nature des terrains, du boisement, de l’humidité hivernale…

Pour faire simple, on donne souvent l’estimation d’une base de 1000 à 2000m² + 1000m² par alpaga (soit 3 à 4000m² minimum, idéalement, pour avoir 2 alpagas).

Ensuite, même avec un seul groupe d’alpagas, il ne suffit pas d’avoir juste un pré avec un abri dedans : quelques aménagements s’imposent. 

L’idéal est de séparer l’espace en 2 ou 3 parcelles pour une rotation indispensable à une bonne lutte antiparasitaire.

Il faut aussi prévoir un enclos de taille restreinte autour de l’abri, dans lequel il est possible de mettre les animaux en sécurité en cas de mauvais temps ou pour toute autre raison, sans avoir pour autant besoin de les enfermer dans l’abri.

Et pour les soins il est bon d’avoir un petit corral de taille réduite dans lequel on fera toutes les manipulations (ou de disposer de claies faciles à déplacer pour créer ce corral là où c’est nécessaire) : l’objectif est de ne pas utiliser l’abri comme « piège », il doit rester un lieu de confort et de détente pour les animaux, où l’on doit pouvoir se déplacer parmi eux sans qu’ils craignent qu’on les manipule contre leur gré.

LES CLÔTURES

Les alpagas respectent plutôt bien les clôtures et ne cherchent pas à s’enfuir s’ils sont bien là où ils sont, c’est exact. Mais il adorent se gratter et abîment facilement les clôtures de fortune, et ils sont parfaitement capables de sauter si une raison les y pousse.

Clôture en bordure de la forêt : grillage à 1m50 + double rang de lisses en châtaignier

Le barbelé doit être totalement proscrit : s’il se prend dans la toison, c’est un piège mortel.

La clôture électrique convient pour les lamas, mais les alpagas y sont peu sensibles (ou alors il faut multiplier les hauteurs de fil, ce qui peut être dangereux si le fil se détend).

L’idéal est une clôture en grillage à mouton avec des piquets pas trop espacés (2m50 à 3m maxi) afin de limiter les déformations du grillage quand les alpagas se propulsent dessus latéralement pour se gratter les flancs.. Ils y mettent une énergie impressionnante, il faut les voir faire !

La hauteur de 1m20 convient pour les alpagas, personnellement je préfère 1m50 pour les clôtures extérieures afin d’assurer une bonne protection contre les intrusions (chiens errants notamment).

Un ruban électrifié ou des lisses de bois peuvent être ajoutés pour sécuriser au maximum, notamment avec les lamas, ou pour des étalons.

Les clôtures intérieures peuvent être réalisées avec du grillage vert de jardin, moins coûteux.

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Naissances suite

La fin de l’été annonce la 2e période de naissances à KerLA, après celles du printemps.
Ma belle Zénobie, gestante pour septembre, ayant hélas avorté de jumeaux en mai (il est très rare que les gestations gémellaires dépassent le stade du 8e mois), ce sont 7 femelles qui me concoctent un cria d’automne cette année : 4 pour septembre (qui sont maintenant arrivés), et 3 pour octobre (que j’attends avec impatience).

J’aime les naissances d’automne : certes la météo est plus capricieuse, mais les fins de gestation sont moins pénibles pour les mamans car les grosses chaleurs sont terminées, il n’y a pas le problème de la tonte juste avant la mise-bas, ou d’une toison trop fournie en début de printemps qui épuise la maman. Pour les crias on écarte le risque d’hyperthermie et le harcèlement des mouches, et en général la repousse d’herbe à l’automne est favorable à la lactation.
Un constat très net : hormis en 2024, triste année où la FCO3 a frappé l’élevage au moment des mise-bas de septembre, et causé la perte de 5 crias nouveau-nés, les naissances d’automne ont toujours, sur mon élevage, connu moins de dystocies et de soucis néonataux. Je ne prétends pas faire des statistiques à valeur universelle à partir de mon seul élevage, bien sûr, mais chaque année cela se confirme ici.
Bien sûr je pourrais ne faire que des naissances d’automne. Je l’ai tenté d’ailleurs, mais avec un mauvais timing, puisque c’est tombé sur 2024, l’année noire de la FCO3, qui est arrivée fin août sur la Mayenne, avant les vaccins… J’avais quasiment toutes les naissances entre fin août et mi-octobre, et le destin a voulu m’en punir, semble-t-il. Donc par précaution je préfère continuer à séparer les mise-bas en deux groupes : mars-mai et septembre-octobre.
De plus étant seule sur la ferme pour gérer naissances et crias, c’est plus facile d’avoir deux petits groupes saisonniers qu’un gros groupe à une saison automnale qui peut aussi parfois être mauvaise, avec vent et humidité, et exiger des soins plus constants..

Les 4 crias de septembre sont arrivés, 2 mâles et 2 femelles, en pleine forme. Tous sont nés après une gestation plus longue que la moyenne (de 11 mois 12 jours à 11 mois 27 jours, la moyenne reconnue étant de 11  mois 11 jours). Ce qui est rare en automne, car depuis 15 ans je constatais que les naissances d’automne dépassaient peu les 11 mois, ou de quelques jours seulement. Il est probable que la sécheresse et les grosses chaleurs de cet été hors-normes ont entraîné un ralentissement de la croissance des foetus : le petit dernier, Denali, né le 23 septembre, est arrivé à 11 mois et 27 jours de gestation, ce qui est très long, et pourtant il ne pesait que 6,2kg, donc ce temps long a été nécessaire à son bon développement in utero qui avait dû être fortement freiné pendant l’été.

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