Transition

Plus de 2 mois sans écrire sur ce blog… Pourtant il s’en est passé des choses sur la ferme, pendant que l’hiver cédait peu à peu sa place au printemps. Mais parfois quand il y a trop de choses à dire, les mots ne viennent plus.

Février a été plutôt calme, tranquille, mon travail (au-delà des tâches quotidiennes de soins aux animaux et de nettoyage des écuries) s’est concentré essentiellement sur le tri de mon gros stock de toisons. J’espérais avoir tout terminé avant la prochaine tonte (début mai), mais c’est loupé !

Mars, c’était la reprise des stages, et une période de naissances.
Une fois encore les stage (laine) ont été l’occasion de rencontres sympathiques et de riches échanges, ce sont des week-ends intenses mais tellement gratifiants 🙂
Et une fois encore, avec les naissances, il a fallu faire face au meilleur comme au pire…
La vie d’éleveur est loin d’être l’image d’Epinal que certains imaginent.
Trois superbes crias gambadent à présent dans la pâture aux côtés de leurs mamans, ils font oublier les moments difficiles, et le compte à rebours est lancé pour la prochaine vague de naissances en mai.

J’ai aussi dû dire adieu, en ce début de printemps, à une de mes femelles préférées, ma douce Lizette, âgée de 14 ans, à mes côtés depuis 12 ans. Elle souffrait d’une forme grave d’emphysème depuis la naissance de son dernier cria en 2023, mais elle faisait preuve d’une volonté incroyable pour s’adapter à son handicap, et avait trouvé un petit rythme de vie qui, je l’espérais, durerait encore des années.
Mais la faiblesse l’a emporté. Un matin il lui a été impossible de se lever, son corps épuisé la lâchait. Au bout de 3 jours d’efforts infructueux, l’aider à partir en douceur a été la seule solution.
Ça a été très difficile. Lizette avait une personnalité unique, une présence étonnante, elle manque dans le troupeau. Au matin de son départ, tout son groupe était réuni autour d’elle, une des femelles, gestante, s’était même couchée tout contre elle, ce qui n’est pas habituel. Elle sont toutes restées jusqu’au bout, puis sont sorties calmement de l’écurie pour rejoindre leur pâture, elles l’avaient accompagnée. Moment émouvant et à peine croyable.