PRÉSENTATION DE L’ALPAGA

PRÉSENTATION de l' ALPAGA

QUI EST-IL ?

  • Il appartient à la famille des CAMÉLIDÉS, divisée en :
    • GRANDS CAMÉLIDÉS  : chameaux et dromadaires, originaires d’Afrique et d’Asie
    • PETITS CAMÉLIDÉS : lamas et alpagas (domestiqués), guanacos et vigognes (leurs cousins sauvages), originaires d’Amérique du sud (pays de la Cordillère des Andes : Chili, Pérou, Bolivie, Argentine).
  • Alpagas et lamas sont des cousins proches, avec toutefois des différences physiques et de caractère marquées :
    • La taille : l’alpaga est petit, il dépasse rarement 90cm et 70/80kg, alors que le lama peut atteindre 1m20 au garrot et 180/200kg.
    • Le dos et l’angle du bassin : le dos de l’alpaga, avec un angle de bassin très incliné, ne permet pas le port de charges, alors que le lama peut porter jusqu’à 40kg et est utilisé depuis des milliers d’années comme animal de bât.
    • Les dents : les incisives de l’alpaga poussent en continu (adaptation au milieu) et doivent parfois être limées ; le lama a une dentition définitive à 5 ans.
    • La forme des oreilles : l’alpaga a des oreilles courtes et en pointe, le lama a des oreilles longues arrondies en banane.
    • Le caractère : le lama, auxiliaire de travail, est en général plus proche de l’homme et une fois éduqué il est plus aisé à manipuler que l’alpaga : pour la tonte, le brossage, la taille des ongles, le portage ou l’attelage, il s’éduque comme un cheval.
  • Les petits camélidés ruminent, mais ils ne sont pas classés parmi les ruminants : ils n’ont que trois estomacs (ou plus exactement un estomac en 3 compartiments), et leur métabolisme est différent de celui des bovins, ovins et caprins.
  • Ils forment donc une famille à part, celle des TYLOPODES, nom qui vient de la forme particulière de leurs pieds : ils n’ont pas de sabot mais marchent sur deux doigts parallèles au sol, munis de coussinets, avec des ongles au bout, ce qui leur permet de peu abîmer les sols.
  • Les lamas et les alpagas sont des animaux domestiques, aucune autorisation n’est nécessaire pour en avoir chez soi. En revanche leurs cousins sauvages (le guanaco et la vigogne) ne se trouvent en Europe que dans les zoos ou chez de rares éleveurs détenteurs d’un certificat de capacité spécifique.

Deux types d'alpagas : le HUACAYA et le SURI

Lalpaga HUACAYA est le plus répandu (>90% des alpagas dans le monde), et le plus connu.

Son poil pousse perpendiculairement au corps, comme celui d’un mouton.

Plus la fibre est dense, fine, ondulée (crimpée), et uniforme, plus la laine est de qualité. Une bonne couverture (laine sur tout le corps, du bout du nez aux ongles), est très recherchée.

L‘alpaga SURI a une fibre structurée en longues mèches qui poussent vers le bas.

Plus les mèches sont distinctes, fines et lustrées, plus la laine est de qualité. Le poil suri a des écailles très fermées, ce qui lui donne sa brillance, son aspect très lisse, sa résistance à l’abrasion, mais aussi sa difficulté au filage). Il n’y a pas de crimp.

Souvent les suris ne sont tondus que tous les 2 ans, afin d’obtenir des mèches d’une longueur de 20 à 30 cm.

POURQUOI ÉLÈVE-T-ON des ALPAGAS ?

  •  DANS LEUR MILIEU D’ORIGINE (Chili, Pérou, Bolivie, Argentine), lamas et alpagas sont depuis 5000 ans l’équivalent de nos animaux de ferme : ils fournissent laine, viande, cuir, crottin séché comme combustible, et le lama est un animal de bât indispensable au transport de marchandises dans les montagnes.
  • Mais le lait est peu utilisé, car la femelle ne produit que de faibles quantités, au fur et à mesure de la demande du cria : elle se tarit dès qu’elle est séparée de son petit.
  • DANS LE RESTE DU MONDE : l’élevage des petits camélidés hors des Andes a commencé en Amérique du Nord dans les années 1980, puis dans les pays du Commonwealth (Australie, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni). Ils sont d’abord arrivés en Europe continentale dans les zoos, comme animaux ‘exotiques’, puis leur élevage comme animaux domestiques a pris de l’extension à la fin des années 1990/début des années 2000.
  • Depuis une quinzaine d’années l’élevage d’alpagas se développe très rapidement en France, et ses objectifs se diversifient de plus en plus :

* Production de laine : la laine d’alpaga est très réputée, et la production d’une laine de qualité est la raison d’être première des élevages européens. Toutefois l’absence de filière laine solide et d’harmonisation dans la valorisation rend actuellement la viabilité d’un élevage tourné exclusivement vers la laine illusoire : la vente d’alpagas reste le but premier, trop d’éleveurs se « débarrassent » encore de leurs toisons à des prix ridicules, et le travail sur la qualité génétique des animaux et de leur fibre est encore trop peu pris au sérieux.

* Animal de compagnie : lamas et alpagas sont de petits compagnons agréables, propres. Il leur faut relativement peu de place, ils font peu de bruit, hormis un petit ‘hum hum’ pour communiquer entre eux, et à de rares occasions le strident cri d’alerte. Doux et inoffensifs (sauf en cas d’imprégnation), ils sont faciles à vivre, dociles et aiment se promener en longe.
Toutefois très peu de naisseurs font l’effort de castrer les mâles destinés au loisir, et beaucoup de propriétaires rencontrent des problèmes de comportement de leurs alpagas chargés de testostérone qui se battent violemment en hurlant, le plus souvent parce qu’on les leur a vendus en duo (or chez les mâles il faut du nombre pour réduire l’agressivité)…
Castrer est d’autant plus important qu’il faut écarter de la repro les animaux ayant des défauts, beaucoup d’acheteurs étant prêts à faire reproduire tout ce qui ressemble à un alpaga, même si l’animal est bourré de défauts et a un caractère compliqué 🙁

Stage découverte des alpagas – oct 2019

* Loisirs : éduqué à la longe, le petit camélidé accompagne les balades dans la campagne. L’alpaga ne peut porter de charge, mais le lama peut porter jusqu’à 40 kg (donc les bagages ou un enfant). Les concours d’agility avec lamas et alpagas (passage d’obstacles en main et tests d’obéissance) sont courants dans certains pays, mais rares en France.

* Médiation animale : alpagas et lamas sont de plus en plus utilisés pour la médiation animale et la thérapie dans les hôpitaux et les maisons de retraite. Bien sélectionnés et éduqués, ils font merveille avec le public par leur retenue, leur présence et leur calme, sans parler du contact des mains dans leur toison, récompense suprême.

* Écopâturage : lamas comme alpagas valorisent bien les pâtures pauvres, et avec leurs coussinet ils abîment peu les sols même argileux. Toutefois l’alpaga est présenté à tord comme un débroussailleur : il entretiendra correctement votre terrain, mais ne le nettoiera pas des ronces, orties, chardons ou autres pousses de friche. Pour cela le lama fera un meilleur travail.

Tous deux ont un énorme avantage par rapport au mouton et à la chèvre : ils entretiennent les espaces boisés sans toucher à l’écorce des arbres adultes, sauf s’ils sont carencés (attention toutefois aux jeunes arbres).

* Garde de troupeaux : bien qu’animaux de proie, certains alpagas et lamas auront l’instinct de défendre leur groupe face à un prédateur. Cet instinct est réel et efficace face aux renards, c’est pourquoi on les utilise beaucoup en Océanie pour protéger des troupeaux de moutons ou de volailles contre maître goupil. Mais il ne faut pas s’illusionner : face à des chiens errants ou des loups, lamas et alpagas sont des proies faciles et n’auront aucun efficacité de protection, au mieux en se sacrifiant (car ils feront face au prédateur) ils pourront faire gagner du temps au troupeau. Par pitié évitez cette erreur ! 

* Viande ????  Grrr, par bonheur non, on ne mange pas ces animaux en France, où ils sont considérés comme animaux de compagnie et élevés comme tels, et la plupart des détenteurs et éleveurs s’opposent de pied ferme à l’idée de les consommer. L’AFLA  a d’ailleurs inscrit le refus de la viande dans ses statuts.
Hélas certains éleveurs sont désireux d’ouvrir le marché de la viande de petit camélidé, afin de se débarrasser des animaux dont ils ne veulent plus (animaux de qualité moindre, âgés, infertiles…). C’est déjà ce qui se passe dans les pays anglo-saxons. Aux USA ou au Canada, les élevages ont depuis longtemps accompagné leur sélection génétique d’une politique d’élimination impitoyable par l’abattage pour la viande des animaux ne correspondant pas (ou plus) à leurs critères. Ils n’hésitent pas à promouvoir la viande de petit camélidé sur leurs sites et à en proposer dans leurs boutiques : le visiteur avant de repartir de l’élevage peut emporter sa caissette de saucisses d’alpagas 🙁 
L’Australie et la Nouvelle-Zélande, qui exportent des alpagas par bateaux entiers vers la Chine, ont annoncé en 2019 vouloir doubler leur cheptel d’alpagas en 4 ans pour dépasser le million de têtes, en présentant le débouché viande comme un pilier majeur de cet élevage 🙁  En réalité il n’y a pas eu d’afflux de consommateurs vers cette viande, ce sont surtout les ventes directes et les restaurants qui en proposent, mais qu’à cela ne tienne : là comme en Angleterre, les carcasses en surplus prennent la direction des usines de nourriture pour chiens et chats.

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Été infernal, triste monde

Comment qualifier cet été 2026 autrement qu’infernal, et de tristement révélateur du monde qui nous attend demain ?Après un mois d’avril déjà très chaud et sec, 3 épisodes caniculaires intenses se sont succédés en moins de 2 mois depuis fin mai, et un 4e s’annonce pour terminer juillet en beauté 🙁
Pas une goutte d’eau ici depuis début juin. Plus d’herbe, tout est sec, tombe en poussière, le sol argileux des pâtures est nu et craquelé, les haies sont constellées d’arbres jaunis, la menace d’incendie plane et stresse chaque moment de la journée.
La forêt qui borde les pâtures devient oppressante, je crains la vision d’un panache de fumée, à chaque fois que mon regard s’y porte.
Je n’ose plus utiliser mon vieux tracteur, le matériel thermique reste à l’atelier, je vais à pied jusqu’au tas de fumier pour vider les brouettes, la hantise de l’étincelle est permanente..
C’est difficile de trouver le sommeil, mon esprit repasse en boucle les terribles images des incendies qui ravagent certaines régions, le travail dantesque des pompiers dotés de moyens dérisoires ; la tragédie des habitants qui ont tout perdu ; celle des animaux, sauvages et domestiques, en détresse, qui errent et hélas souvent meurent dans d’horribles souffrances ; la nature ravagée, la pollution…
Et toute cette (grosse) fraction de la société qui s’en moque royalement, qui rigole, qui réclame du pain et du cirque, qui clame que « c’est juste l’été », qui consomme, qui jouit et qui détruit, qui passe ses vacances à prendre l’avion pour aller aux 4 coins du monde sur un coup de tête voir si les club Med de la planète ont tous le même design…

Face à ces drames, pourtant prévisibles et annoncés depuis des années : RIEN !
L’inaction politique, le néant, la vacuité totale de ceux qui sont grassement payés pour prendre des décisions en notre nom.
Une société lobotomisée, dans laquelle la trop faible minorité de personnes conscientes des enjeux en cours est impuissante à se faire entendre et est habilement bailllonnée quand elle devient trop gênante.
Des dirigeants politiques déconnectés du terrain et de ses réalités, marionnettes d’une caste de puissants toujours plus riches qui les/nous manipulent et nous mènent dans le mur via des think tanks et des lobbies engraissés par nos impôts et notre travail.
Je suis comme tant d’autres révoltée, écoeurée, et je me sens si impuissante face aux rouleaux compresseurs du pouvoir, face à tout ce qu’on nous impose jour après jour, petite touche par petite touche, qui entrave nos libertés et fait de nous de braves petits soldats sacrifiables à l’envie : les déclarations à remplir à la moindre occasion, la création de l’euro numérique et la suppression à venir des espèces, la mise en place de cette facturation numérique glaçante (pour laquelle, ironie suprême, nous devons en plus payer !), l’identité numérique qui nous demandera bientôt de nous justifier de nos moindres faits et gestes, avec le contrôle accru de nos déplacements, de nos achats, de nos goûts, de nos choix, de nos lectures, de nos idéaux, de nos amis, et bientôt le contrôle de nos pensées…  Les caméras embarquées nous filmeront en continu dans vos voitures « pour notre bien », comme tout le reste. Des décisions prises pour nous, pour nous protéger, parce que « vous n’avez pas les éléments ni les capacités pour décider, alors on le fait pour vous ».

Anecdote : jeudi dernier j’ai appelé Orange juste pour me renseigner sur les abonnements internet. A peine raccroché, je reçois un SMS m’informant que ma ligne téléphonique actuelle sera fermée dans 6 jours et remplacée par ma nouvelle (donc sans portabilité du numéro de fixe, qui est mon numéro professionnel). Un abonnement (aucune idée duquel) m’a été imposé, sans demande ni accord de ma part, sans signature.
J’ai passé la fin de la journée à appeler encore et encore le service client : des attentes interminables, pour arriver sur une de ces plateformes de service à l’étranger où les personnes jointes se révèlent incapables de comprendre ce que j’explique, me reposent 10 fois les mêmes questions, ne tiennent aucun compte de mes réponses et bien sûr ne sont absolument pas en mesure de prendre en charge ma réclamation, et encore moins de me fournir l’assurance que ma ligne ne serait pas coupée !!!
Ce n’est qu’un petit exemple parmi tant d’autres, et je le cite parce qu’il est tout récent et tellement représentatif du fonctionnement écoeurant de notre monde actuel.
Je n’ai pas pour habitude de parler d’autre chose sur mon site que de mon activité professionnelle d’éleveur, mais là c’est l’humain et le citoyen qui a besoin de s’exprimer. Nous plongeons dans l’engrenage terrifiant d’un monde ubuesque pire que celui décrit par Orwell.

Le comble, c’est qu’une partie de la société est d’ores et déjà engluée, sans espoir de sursaut, dans cette société nouvelle qui rend hélas les gens de moins en moins aptes à réfléchir par eux-mêmes, de plus en plus exigeants, égoïstes, étroits d’esprit : le cerveau bien lavé, ils ne supportent plus rien, ils ne voient que leurs droits et plus leurs devoirs, le respect de l’autre devient optionnel, le « moi je  » et « moi d’abord » prime, l’anonymat des écrans et des réseaux sociaux permet à la bêtise crasse et à la cruauté de s’exprimer sans vergogne.
Je hais ce monde-là. Je suis heureuse de vivre à l’écart au fond de ma campagne dont je ne bouge quasiment plus. Via mon activité, je suis tout de même confrontée à cette bêtise humaine flagrante, les demandes, exigences et comportements de certaines personnes font frémir, en particulier dans le petit milieu des éleveurs. Heureusement j’ai encore la chance de pouvoir décliner la poursuite de tout échange avec ces personnes toxiques.
Mais pour combien de temps encore, cette liberté illusoire ? Je suis soulagée d’avoir passé le cap de la soixantaine, et d’avoir eu la chance de vivre la plus grande partie de ma vie d’adulte dans une ère d’auto-responsabilité, de liberté de choix, de pensée et d’action qui semble définitivement révolue 🙁

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