Le coeur de l’été 2020 s’inscrit dans la droite ligne du début de saison : une chaleur étouffante, pas une goutte d’eau (de début juin au 15 août, les rares orages sont passés à côté), des pâtures tellement grillées que les animaux n’ont même pas envie de mettre le nez dehors et passent quasiment 24h/24 dans les écuries à déguster le foin que je viens leur servir plusieurs fois par jour…
Côté élevage, les efforts pour sauver ma douce DARLING n’ont pas porté leurs fruits : malgré les traitements et toutes les tentatives de soins (acupuncture, mésothérapie, massages, utilisation d’un palan pour la lever régulièrement), ses pauvres pattes arrière n’ont pas retrouvé leur mobilité. La décision de la soulager de ses souffrances a été prise au 32e jour, elle s’est endormie en douceur. Adieu ma belle.
Les naissances se sont poursuivies, avec un ratio mâles/femelles étonnamment en faveur des femelles (j’ai plutôt l’habitude d’avoir une majorité de mâles, au mieux un équilibre, mais jamais je n’ai eu une année avec une majorité de femelles… J’espère que les dernières naissances vont confirmer la tendance !).

SKIPPY, fils d’OXANE
Le seul petit mâle de la période a été le fils d’Oxane, SKIPPY, adorable cria tout noir né le 8 août, ainsi nommé car il adore sauter en l’air… Ben voyons, tout le monde se rappelle de Skippy le kangourou quand même, je ne suis pas si vieille que ça 🙁
Du côté des filles, une série de vraies beautés entre mi-juillet et mi-août, parmi lesquelles il va m’être terriblement difficile de décider qui vendre :
- SISKA, fille de LIZETTE
- SELENE, fille d’HIRONDELLE
- SALSA, fille de PRUNELLE
- SAYANE, fille d’IROISE
- SHIVA, fille d’HILDA

SELENE, au lendemain d’une naissance bien éprouvante.
Et par bonheur sur cette période une seule dystocie, pour la mise-bas d’HIRONDELLE, à l’horaire totalement inhabituel de 21h30 un samedi soir. La chance a voulu que je m’aperçoive presque par miracle que la belle était en travail (elle ne montrait absolument aucun signe dans son comportement !). Aucun nez ne pointait, pourtant la poche avait percé, le liquide amniotique s’égouttait : le cria était coincé à l’intérieur, bloqué en arrière du pelvis par son épaule gauche basculée en arrière et la patte allongée le long du corps… Après quelques minutes d’efforts, avec une Hirondelle très complaisante pour me laisser l’aider, la magnifique SELENE a vu le jour, en pleine forme !
Si je n’étais pas intervenue à ce moment-là, je n’ose penser au spectacle qui m’aurait attendue le lendemain matin au réveil 🙁 Ces alpagas mettent vraiment notre patience à rude épreuve.
Encore 4 crias à venir avant de souffler pour cette année… Mais déjà depuis juin l’année suivante se prépare et les saillies qui s’égrennent au fil de l’été annoncent de beaux crias pour 2021 🙂
- PERLE et GUIMLI
- QOLYMA et STARZ
- ZINCALA (suri) et OKEE (suri)
- LIZETTE et ODIN
Et même les crias participent aux festivités !

ONDINE et JJ … et SAMOURAI qui s’entraîne !


















Hélas aussi un autre moment très difficile : ma vieille DARLING, pour son dernier cria, a commencé en pleine nuit une expulsion par le siège. Avec une femelle plus jeune, le cria n’aurait pas pu sortir ainsi, en présentation arrière avec les pattes repliées sous lui, et une intervention humaine aurait permis de sortir le cria, mort certes, mais avec un minimum de dégâts pour la mère. Mais ma brave Darling a voulu assurer la naissance seule, et le cria est hélas resté bloqué à mi-corps. Jusqu’à mon arrivée elle s’est épuisée à essayer de l’expulser, et a subi des dégâts internes graves (ligaments étirés, hématome probablement, écrasement de la moelle épinière peut-être) qui l’ont laissée paralysée de l’arrière-train. Le vétérinaire-ostéo est venu plusieurs fois pour elle, mais seul le temps pourra dire si les dégâts sont irréparables… Depuis 15 jours elle vit couchée, sans pouvoir se lever, mais toujours alerte, elle mange et boit… Tant qu’elle ne capitule pas, je continue à y croire. Elle me dira quand il sera temps d’abandonner la lutte si elle ne parvient pas à retrouver l’usage de ses pattes pour profiter d’une retraite bien méritée 🙁





Quand je suis entrée dans l’écurie à 7h00 mardi matin, j’ai trouvé une mère en état de choc (la naissance a sans doute longue et difficile) et un cria très faible et en hypothermie, visiblement prématuré (oreilles molles, ligaments immatures aux genoux et aux pâturons, donc incapable de se tenir debout)…
Finalement en soirée j’ai réussi à faire tenir le cria debout sous la mère et à le faire téter. Et progressivement il a pris de l’assurance. Le lendemain midi il réussissait à se lever seul et à téter seul. Pas longtemps, mais suffisamment pour lui donner l’énergie nécessaire pour se battre.
















Envoi de 23kg de toisons à la microfilature de la Bardine (Gironde) cette semaine.
Cette semaine c’est mon beau Prince Noir, 27 mois, qui a pris la route vers sa nouvelle maison, dans le Puy de Dôme, au Mont Dore. Avec son caractère en or et sa magnifique fibre noire brillante, longue, dense et très fine, il va faire un super reproducteur.




























Le WE des 14/15 septembre a eu lieu la première fête des camélidés à Janvry, dans l’Essonne. Un rassemblement initié par l’association des grands camélidés, qui avait invité l’AFLA (association française des lamas et alpagas) à se joindre à l’organisation.
Le concours a tout de même eu lieu, sans réelle portée sur le plan des résultats du fait du peu de participants, mais très instructif. Même si une classe ne comporte qu’un ou deux animaux, la première place n’est attribuée par les juges que si les alpagas ont la qualité requise pour cette récompense, et le commentaire qui accompagne le jugement permet de se positionner correctement malgré l’absence de concurrence.
J’avais amené 7 mâles à Janvry, tous ont fait bonne figure et je n’ai pas regretté le déplacement, j’ai pu conforter mon opinion sur certains de mes animaux : ainsi mon jeune gris Panache a confirmé tout le bien que je pensais de lui. Et pour mon beau Niaouli les doutes que j’avais ont été levés, il restera donc bien comme reproducteur à l’élevage ! 














Avec l’aide de mes super stagiaires du printemps Morgane et Éric et ensuite Maeva en début d’été, j’ai donc effectué les tontes complémentaires au fil des besoins : les nouvelles mamans et ma vieille Ada d’abord, puis les mâles suri que j’avais hésité à faire (mais la canicule fin juin n’était pas tenable pour eux), et aussi quelques alpagas de clients proches géographiquement, dans le cadre du suivi d’élevage…
Par exemple le beau Phoebus, qui réside avec son copain Petit Prince dans un beau parc à Mayenne :
Hélas le destin a été cruel, car la plus jolie de ces femelles, une des plus attendues, ne m’aura enchantée de sa présence que 5 jours. Ma jolie Romance est née le 28 mai, mais s’est envolée vers d’autres prairies le 2 juin au soir… Son magnifique petit corps n’était pas fait pour vivre, sa maman Iroise le savait et me le montrait par son comportement. C’est très étrange cet instinct des animaux. J’y ai pourtant cru, naïvement, j’ai tout fait pour la sauver, elle était si adorable. J’ai eu le coeur brisé et l’envie de tout arrêter. quand elle s’est éteinte dans mes bras. Les naissances suivantes ont eu du mal à ranimer la flamme.



La saison 2019 est lancée… La belle Odyssée a ouvert le bal mercredi 17 avril avec un adorable petit mâle noir, fils de mon fier Madeg de KerLA. Pour son premier bébé, Odyssée fait preuve d’un instinct maternel exemplaire, c’est une super maman.
Un mâle… j’espère que le même scénario que l’an dernier n’est pas en train de se produire : 6 mâles d’affilée avant d’avoir la première femelle 🙁



